Pratique religieuse
Le mahr (la dot) en islam : sens et modalités
Le mahr est un droit de l'épouse, pas un prix. Voici sa signification, ses formes possibles et les erreurs fréquentes à éviter.
Le mahr — la dot — est ce que l'époux offre à son épouse lors du mariage. Ce n'est ni un achat, ni un prix : c'est un droit exclusif de la femme, un symbole d'engagement et de considération.
Un droit de l'épouse, à elle seule
Le mahr appartient à la femme, qui en dispose librement. Ni le père, ni la famille n'ont de droit dessus. Le retenir ou le détourner est une injustice que la religion condamne fermement.
Quelles formes peut-il prendre ?
- Une somme d'argent, versée immédiatement ou différée.
- Un bien utile (bijou, objet de valeur).
- Un bénéfice licite convenu entre les deux parties.
- Même l'enseignement de sourates, dans certains cas rapportés (Boukhari n° 5135).
La modération est recommandée
L'islam encourage à faciliter le mariage, pas à l'alourdir. Exiger un mahr disproportionné va à l'encontre de l'esprit de la Sunna.
D'après 'Oqba ibn 'Âmir (qu'Allah l'agrée) :
« Le Prophète ﷺ demanda à un homme : « Acceptes-tu que je te marie à une telle ? » Il répondit : « Oui. » Puis il demanda à la femme : « Acceptes-tu que je te marie à un tel ? » Elle répondit : « Oui. » Il maria donc l'un à l'autre, sans fixer de dot pour elle et sans que l'homme lui donne quoi que ce soit. Cet homme avait assisté à al-Houdaybiya, et ceux qui avaient assisté à al-Houdaybiya avaient une part à Khaybar. Lorsque la mort se présenta à lui, il dit : « Le Messager d'Allah ﷺ m'a marié à une telle sans que je lui fixe de dot ni ne lui donne quoi que ce soit ; je vous prends à témoin que je lui ai donné comme dot ma part de Khaybar. » Elle prit sa part et la vendit pour cent mille. [Le rapporteur] dit : Et le Messager d'Allah ﷺ a dit : « La meilleure dot est la plus facile. » »
عَنْ عُقْبَةَ بْنِ عَامِرٍ أَنَّ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم قَالَ لِرَجُلٍ: «أَتَرْضَى أَنْ أُزَوِّجَكَ فُلاَنَةَ؟» قَالَ: نَعَمْ. وَقَالَ لِلْمَرْأَةِ: «أَتَرْضَيْنَ أَنْ أُزَوِّجَكِ فُلاَنًا؟» قَالَتْ: نَعَمْ. فَزَوَّجَ أَحَدَهُمَا صَاحِبَهُ، وَلَمْ يَفْرِضْ لَهَا صَدَاقًا، وَلَمْ يُعْطِهَا شَيْئًا، وَكَانَ مِمَّنْ شَهِدَ الْحُدَيْبِيَةَ، وَكَانَ مَنْ شَهِدَ الْحُدَيْبِيَةَ لَهُ سَهْمٌ بِخَيْبَرَ، فَلَمَّا حَضَرَتْهُ الْوَفَاةُ قَالَ: إِنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم زَوَّجَنِي فُلاَنَةَ، وَلَمْ أَفْرِضْ لَهَا صَدَاقًا، وَلَمْ أُعْطِهَا شَيْئًا، وَإِنِّي أُشْهِدُكُمْ أَنِّي أَعْطَيْتُهَا صَدَاقَهَا سَهْمِي بِخَيْبَرَ، فَأَخَذَتْ سَهْمَهُ فَبَاعَتْهُ بِمِائَةِ أَلْفٍ. قَالَ: وَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم: «خَيْرُ الصَّدَاقِ أَيْسَرُهُ».
« La sunna est d'alléger la dot et de ne pas dépasser celle des épouses et des filles du Prophète ﷺ. [...] Il est déconseillé à l'homme de donner à la femme une dot qui lui nuit s'il la paie comptant, ou qu'il est incapable d'honorer si elle est différée. [...] Ce que font certains, par rudesse, orgueil et ostentation, en gonflant la dot pour se faire voir et se vanter [...] est une chose blâmable et laide, contraire à la sunna et en dehors de la Loi. »