Avant de s'engager dans un mariage, le musulman consulte Allah : c'est l'istikhara. Le Prophète ﷺ l'enseignait à ses compagnons « comme il leur enseignait une sourate du Coran » (Boukhari). Elle ne remplace pas la réflexion ni le conseil : elle vient après.
Quand la faire
Après s'être renseigné et avoir consulté les siens (istichâra), quand une décision se dessine : accepter ou refuser un prétendant, faire ou non la demande. Pas au tout début, quand on ne sait rien de la personne — on ne consulte pas Allah sur une inconnue —, ni après avoir déjà décidé, pour se rassurer.
Comment la faire
- Faire ses ablutions et prier deux unités de prière surérogatoires (pas une prière obligatoire), à n'importe quel moment permis.
- Après le salut final, faire l'invocation de l'istikhara, en nommant l'affaire : « … si Tu sais que ce mariage avec Unetelle (ou Untel) est un bien pour moi dans ma religion, ma vie et l'issue de mon affaire, alors destine-le-moi, facilite-le-moi et bénis-le-moi ; et si Tu sais qu'il est un mal pour moi… alors écarte-le de moi et écarte-moi de lui, et destine-moi le bien où qu'il soit, puis rends-m'en satisfait. »
- L'invocation complète en arabe est rapportée par Boukhari (hadith de Jâbir). On peut la lire sur un papier si on ne la connaît pas par cœur.
- La répéter si l'on hésite encore : les Salaf la faisaient plusieurs fois pour une même affaire.
Comment comprendre la réponse
L'istikhara n'exige ni rêve ni signe. Sa réponse est dans la suite des choses : Allah facilite ou complique, ouvre ou ferme, et le cœur s'apaise ou non. On avance dans ce qui a été décidé, et l'on accepte ce qui vient. Attendre un rêve, tirer au sort, consulter quelqu'un « qui fait l'istikhara pour vous » : rien de cela n'est dans la Sunna.
Ce qu'elle n'est pas
- Un moyen de se dispenser de se renseigner : l'istikhara vient après l'enquête du wali et la mouqabala, pas à leur place.
- Une obligation de dire oui : si l'on n'est pas convaincu après l'istikhara, on peut refuser — Allah a peut-être répondu par ce doute.
- Un rite à faire faire par un tiers : chacun fait sa propre istikhara.
- Une réponse instantanée : on peut attendre quelques jours, et la refaire.