Pratique religieuse
L'istikhara avant le mariage : comment faire
La prière de consultation, son invocation, le bon moment pour la faire, ce qu'on en attend et ce qu'on n'en attend pas. Sans rêve obligatoire, sans superstition.
Avant de s'engager dans un mariage, le musulman consulte Allah : c'est l'istikhara. Le Prophète ﷺ l'enseignait à ses compagnons comme il leur enseignait une sourate du Coran (hadith de Jâbir, Boukhari n° 1162 et 6382, cité plus bas). Elle ne remplace pas la réflexion ni le conseil : elle vient après.
Quand la faire
Après s'être renseigné et avoir consulté les siens (istichâra), quand une décision se dessine : accepter ou refuser un prétendant, faire ou non la demande. Pas au tout début, quand on ne sait rien de la personne — on ne consulte pas Allah sur une inconnue —, ni après avoir déjà décidé, pour se rassurer.
Comment la faire
- Faire ses ablutions et prier deux unités de prière surérogatoires (pas une prière obligatoire), à n'importe quel moment permis.
- Après le salut final, faire l'invocation de l'istikhara (hadith complet ci-dessous), en nommant l'affaire à l'endroit prévu : ce mariage avec Unetelle (ou Untel).
- L'invocation complète en arabe est rapportée par Boukhari (hadith de Jâbir). On peut la lire sur un papier si on ne la connaît pas par cœur.
- La répéter si l'on hésite encore : les Salaf la faisaient plusieurs fois pour une même affaire.
D'après Jabir ibn 'Abd Allah (qu'Allah les agrée) :
« Le Messager d'Allah ﷺ nous enseignait la consultation [d'Allah] (al-istikhâra) dans les affaires comme il nous enseignait une sourate du Coran. Il disait : « Lorsque l'un de vous envisage une affaire, qu'il accomplisse deux unités de prière (rak'a) en dehors de la prière obligatoire, puis qu'il dise : « Ô Allah, je Te demande de choisir pour moi par Ta science, je Te demande de m'en rendre capable par Ta puissance, et je Te demande [une part] de Ta grâce immense ; car Toi Tu peux et je ne peux pas, Tu sais et je ne sais pas, et Tu es le Grand Connaisseur de l'invisible. Ô Allah, si Tu sais que cette affaire est un bien pour moi dans ma religion, ma subsistance et l'issue de mon affaire — ou il dit : dans le court et le long terme de mon affaire —, alors décrète-la pour moi, facilite-la-moi, puis bénis-la pour moi. Et si Tu sais que cette affaire est un mal pour moi dans ma religion, ma subsistance et l'issue de mon affaire — ou il dit : dans le court et le long terme de mon affaire —, alors détourne-la de moi et détourne-moi d'elle, décrète pour moi le bien où qu'il soit, puis rends-moi satisfait de celui-ci. » — Il dit : — Et il nomme son besoin. » »
عَنْ جَابِرِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ ـ رضى الله عنهما ـ قَالَ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يُعَلِّمُنَا الاِسْتِخَارَةَ فِي الأُمُورِ كَمَا يُعَلِّمُنَا السُّورَةَ مِنَ الْقُرْآنِ يَقُولُ " إِذَا هَمَّ أَحَدُكُمْ بِالأَمْرِ فَلْيَرْكَعْ رَكْعَتَيْنِ مِنْ غَيْرِ الْفَرِيضَةِ ثُمَّ لِيَقُلِ اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْتَخِيرُكَ بِعِلْمِكَ وَأَسْتَقْدِرُكَ بِقُدْرَتِكَ، وَأَسْأَلُكَ مِنْ فَضْلِكَ الْعَظِيمِ، فَإِنَّكَ تَقْدِرُ وَلاَ أَقْدِرُ وَتَعْلَمُ وَلاَ أَعْلَمُ وَأَنْتَ عَلاَّمُ الْغُيُوبِ، اللَّهُمَّ إِنْ كُنْتَ تَعْلَمُ أَنَّ هَذَا الأَمْرَ خَيْرٌ لِي فِي دِينِي وَمَعَاشِي وَعَاقِبَةِ أَمْرِي ـ أَوْ قَالَ عَاجِلِ أَمْرِي وَآجِلِهِ ـ فَاقْدُرْهُ لِي وَيَسِّرْهُ لِي ثُمَّ بَارِكْ لِي فِيهِ، وَإِنْ كُنْتَ تَعْلَمُ أَنَّ هَذَا الأَمْرَ شَرٌّ لِي فِي دِينِي وَمَعَاشِي وَعَاقِبَةِ أَمْرِي ـ أَوْ قَالَ فِي عَاجِلِ أَمْرِي وَآجِلِهِ ـ فَاصْرِفْهُ عَنِّي وَاصْرِفْنِي عَنْهُ، وَاقْدُرْ لِي الْخَيْرَ حَيْثُ كَانَ ثُمَّ أَرْضِنِي بِهِ ـ قَالَ ـ وَيُسَمِّي حَاجَتَهُ ".
Comment comprendre la réponse
L'istikhara n'exige ni rêve ni signe. Sa réponse est dans la suite des choses : Allah facilite ou complique, ouvre ou ferme, et le cœur s'apaise ou non. On avance dans ce qui a été décidé, et l'on accepte ce qui vient. Attendre un rêve, tirer au sort, consulter quelqu'un « qui fait l'istikhara pour vous » : rien de cela n'est dans la Sunna.
Ce qu'elle n'est pas
- Un moyen de se dispenser de se renseigner : l'istikhara vient après l'enquête du wali et la mouqabala, pas à leur place.
- Une obligation de dire oui : si l'on n'est pas convaincu après l'istikhara, on peut refuser — Allah a peut-être répondu par ce doute.
- Un rite à faire faire par un tiers : chacun fait sa propre istikhara.
- Une réponse instantanée : on peut attendre quelques jours, et la refaire.