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Pratique religieuse18 septembre 2026 · 7 min de lecture

Se remarier après un divorce en islam : iddah et étapes

La période de viduité, le divorce civil en France, le wali, les enfants, la manière d'en parler : ce qu'il faut savoir pour se remarier sereinement après un divorce, pour la femme comme pour l'homme.

EZ
Équipe ezzawaj
Rédaction

Le divorce n'est pas une fin en islam : le remariage est la voie normale, pour la femme comme pour l'homme. Les Compagnons se remariaient rapidement, et le Prophète ﷺ a épousé des femmes divorcées. Ce qui compte, c'est de respecter l'ordre des choses.

L'iddah : combien de temps ?

  • Après un divorce (talaq) d'un mariage consommé, pour une femme qui a ses cycles : trois cycles menstruels (sourate 2, verset 228).
  • Pour une femme qui n'a pas de cycles (ménopause, très jeune) : trois mois (sourate 65, verset 4).
  • Pour une femme enceinte : jusqu'à l'accouchement.
  • Après un divorce d'un mariage non consommé : aucune iddah (sourate 33, verset 49).
  • Après un khul' (divorce demandé par la femme) : un cycle selon beaucoup de savants, trois selon d'autres.

Pendant l'iddah d'un divorce révocable (premier ou deuxième talaq), l'épouse reste au domicile conjugal et le mari peut la reprendre sans nouveau contrat. Passé l'iddah, ou après un troisième talaq, la reprise exige un nouveau contrat (et, après le troisième, un mariage intermédiaire sincère de la femme avec un autre homme).

Le divorce civil, en France

Religieusement, l'iddah court à partir du divorce religieux. Mais un nouveau mariage civil est impossible tant que le divorce civil n'est pas prononcé, et un nikah seul ne protège pas l'épouse. Il est donc prudent d'attendre les deux : le divorce religieux (pour l'iddah) et le jugement civil (pour le nouveau mariage civil), avant de conclure un nouveau nikah. Un couple séparé de fait mais non divorcé religieusement reste marié : on ne se remarie pas sur une séparation.

La divorcée, le wali et le consentement

« La femme divorcée ou veuve n'est pas mariée jusqu'à ce qu'elle se prononce » (Boukhari, Muslim) : son consentement est explicite, personne ne décide à sa place. Le wali (père, frère, fils adulte, oncle, ou l'imam) conclut le contrat en son nom, pour la majorité des savants.

L'homme divorcé

Il n'a pas d'iddah, mais il a des devoirs : la pension de ses enfants, le mahr différé dû à son ex-épouse, et la franchise envers la nouvelle famille sur les raisons du divorce et sa situation. Un wali sérieux se renseignera sur son premier mariage ; il vaut mieux qu'il apprenne les choses de lui.

Les enfants

La garde suit les règles de la religion et, en France, le jugement civil. Le nouveau conjoint doit connaître la situation avant la mouqabala : rythme de garde, relation avec l'autre parent, place qu'il prendra. Un remariage réussi est celui où les enfants ont été mis dans l'équation dès le début.

En parler sans se justifier

Vous devez dire que vous êtes divorcé·e, depuis quand, et ce qui compte pour la vie à deux. Vous n'avez pas à raconter votre premier mariage ni à dévoiler les torts de l'autre : « Le pire des hommes auprès d'Allah… est celui qui divulgue le secret de son épouse » (Muslim). Une réponse sobre et sincère suffit à quelqu'un de sérieux.

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