La khitba (خطبة) est la demande en mariage adressée au wali de la femme, et la période qui sépare cette demande du contrat. Elle est une promesse, pas un mariage : les fiancés restent étrangers l'un à l'autre, avec tout ce que cela implique.
Ce qu'est la khitba
L'homme, ou un proche en son nom, formule la demande au tuteur. Le wali se renseigne, consulte la femme, et accepte, refuse ou demande du temps. Une fois la demande acceptée, la femme est « makhtouba » : demandée. La Sunna prévoit que le prétendant l'ait vue (regard licite) avant ou lors de la demande.
Que l'un de vous ne fasse pas de demande sur la demande de son frère, jusqu'à ce que celui-ci renonce ou l'y autorise.— Boukhari, Muslim
Ce que la khitba ne permet pas
- La khalwa : les fiancés ne s'isolent pas, ni chez eux, ni en voiture, ni au restaurant.
- Le contact physique : pas de main tenue, pas de bras, pas de baiser. Le fiancé n'est pas un mahram.
- La relation affective : mots doux, appels nocturnes, échanges de photos. La khitba n'est pas une période d'essai de la vie de couple.
- Le dévoilement : la fiancée reste voilée devant son fiancé comme devant tout étranger, hors du regard licite encadré.
- Les sorties à deux : ce qui est interdit avant la khitba l'est toujours pendant.
Ce qu'elle permet
- Se rencontrer, en présence du mahram, pour poser les questions essentielles.
- Se parler de ce qui concerne le projet, avec mesure et avec le wali informé.
- Préparer le contrat : mahr, conditions, date, logement.
- Se faire connaître des deux familles.
Combien de temps ?
La Sunna ne fixe pas de durée, mais tout y invite à la brièveté : « Si l'on vous propose une personne dont vous agréez la religion et le caractère, mariez-la ; si vous ne le faites pas, il y aura discorde sur terre et grande corruption » (Tirmidhi — hassan). Des fiançailles de deux ou trois ans « le temps de finir les études » ou « d'économiser pour la fête » sont une relation sans les droits ni les devoirs du mariage, et le terrain de tous les écarts. Quelques semaines à quelques mois suffisent, le temps du civil et de l'organisation.
La rupture des fiançailles
Elle est permise, des deux côtés, sans faute : c'était une promesse, pas un contrat. On la fait avec douceur, sans divulguer ce qu'on a appris de l'autre. Les cadeaux offerts : le prétendant peut reprendre ce qu'il a donné en vue du mariage si c'est lui qui est refusé, selon beaucoup de savants ; s'il rompt lui-même, il n'a pas à les réclamer. Le mahr versé d'avance est restitué, puisque le contrat n'a pas eu lieu.
La bague de fiançailles
Elle n'est pas une Sunna et vient d'une coutume étrangère. Offrir un cadeau n'est pas interdit ; mais l'homme ne passe pas la bague au doigt de sa fiancée (contact interdit), et l'or est interdit à l'homme. Beaucoup de savants déconseillent la bague en tant que rite, pour ne pas imiter un usage religieux étranger.