Pratique religieuse
La walima : le banquet de mariage selon la Sunna
Obligatoire ou recommandée ? Quand, avec quoi, qui inviter, et ce qu'il faut éviter : le banquet qui annonce le mariage, tel que le Prophète ﷺ l'a enseigné.
La walima (وليمة) est le repas offert à l'occasion du mariage. Elle annonce l'union, réjouit les proches et distingue le mariage de ce que la religion interdit. Le Prophète ﷺ l'a ordonnée, l'a pratiquée et a fixé son esprit : la simplicité.
D'après Anas ibn Mâlik (qu'Allah l'agrée) :
« Le Prophète ﷺ vit sur 'Abd ar-Rahmân ibn 'Awf une trace de [parfum] jaune. Il dit : « Qu'est-ce que cela ? » Il répondit : « J'ai épousé une femme pour le poids d'un noyau [de datte] en or. » Il dit : « Qu'Allah te bénisse ! Offre un repas de noces (walîma), ne serait-ce qu'avec un mouton. » »
عَنْ أَنَسٍ رضى الله عنه أَنَّ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم رَأَى عَلَى عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ عَوْفٍ أَثَرَ صُفْرَةٍ، قَالَ: «مَا هَذَا؟» قَالَ: إِنِّي تَزَوَّجْتُ امْرَأَةً عَلَى وَزْنِ نَوَاةٍ مِنْ ذَهَبٍ. قَالَ: «بَارَكَ اللَّهُ لَكَ، أَوْلِمْ وَلَوْ بِشَاةٍ».
Son statut
Fortement recommandée (Sunna mu'akkada) pour la majorité des savants, obligatoire pour certains, au vu de l'ordre donné à Abd ar-Rahman ibn Awf (hadith cité ci-dessus). Elle est à la charge de l'époux. Le Prophète ﷺ a fait des walimas très différentes : pour Safiyya, des dattes, du lait caillé séché et du beurre clarifié (Boukhari n° 5085) ; pour Zaynab, un mouton (Boukhari n° 5168). La valeur n'est pas dans la dépense.
Quand ?
Après le contrat, et de préférence après la consommation du mariage selon beaucoup de savants, sur le modèle prophétique ; le jour même du contrat est également admis et courant. Aucun jour n'est prescrit : « mariage musulman quel jour ? » n'a pas de réponse religieuse — on choisit selon la commodité des familles.
Qui inviter, et répondre à l'invitation
Les proches, les voisins, les frères de la mosquée — les pauvres comme les riches : Abou Hourayra disait que le pire des repas est celui d'une walima où l'on invite les riches et d'où l'on écarte les pauvres (parole d'Abou Hourayra rapportée par Boukhari n° 5177). Et répondre à l'invitation est un devoir, que le Prophète ﷺ a ordonné (Boukhari n° 5173, Mouslim n° 1429, cité ci-dessous) — sauf si des interdits y sont présents.
D'après 'Abd Allâh ibn 'Omar (qu'Allah les agrée), le Messager d'Allah ﷺ a dit :
« Lorsque l'un de vous est invité au repas de noces (walîma), qu'il s'y rende. »
عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ رضى الله عنهما أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ: «إِذَا دُعِيَ أَحَدُكُمْ إِلَى الْوَلِيمَةِ فَلْيَأْتِهَا».
Ce que la Sunna permet et ce qu'il faut éviter
- Permis : le duff (tambourin) et les chants licites des femmes entre elles pour annoncer le mariage (Boukhari).
- À éviter : la musique instrumentale, la mixité, l'alcool, le dévoilement des femmes devant les hommes.
- À éviter : le gaspillage, les dettes, la surenchère de salle et de tenue — le Prophète ﷺ a dit que le meilleur mariage est le plus facile (Abou Daoud n° 2117, hadith de 'Ouqba ibn 'Âmir).
- À éviter : les rites d'origine étrangère à la religion, quand ils imitent des usages religieux d'autres communautés.
La tenue
Le mariage est une fête : on se pare, dans les limites de la pudeur. La mariée se pare pour son époux et pour les femmes ; devant les hommes étrangers, elle reste voilée. Le marié évite la soie et l'or. Le reste — caftan, abaya, costume — relève de la coutume et du goût, sans obligation ni interdit.