« Peut-on voir la femme qu'on veut épouser ? » La réponse de la Sunna est claire : oui, c'est même recommandé. Mais « voir » a des règles, et la photo exposée sur une application n'en fait pas partie.
Regarde-la, car cela favorisera l'entente entre vous.— Tirmidhi, Nasa'i, Ibn Majah — hassan
Pourquoi le regard est recommandé
Le Prophète ﷺ a dit à Al-Moughira ibn Chou'ba, qui avait demandé une femme en mariage : « L'as-tu regardée ? » — « Non. » — « Regarde-la, car cela favorisera l'entente entre vous. » Et à un autre compagnon : « Va la voir, car il y a quelque chose dans les yeux des Ansar. » Le mariage engage une vie : l'islam ne veut ni surprise ni regret.
Ce que l'on peut regarder
Le visage et les mains, selon la majorité des savants — ce qui permet de connaître la personne et sa beauté. Certains savants, dont l'école hanbalite, admettent ce qui apparaît habituellement à la maison devant les proches. La femme, elle aussi, regarde l'homme qui la demande : « elle a en lui ce qu'il a en elle. »
Quand et en présence de qui
- Quand l'intention de mariage est sérieuse et formulée — pas pour « voir ce que ça donne ».
- En présence du mahram de la femme : jamais en tête-à-tête (khalwa).
- Sans contact physique, sans familiarité, sans parfum ni parure au-delà de l'ordinaire.
- Une fois, ou le temps nécessaire pour décider — pas un regard qui se répète au fil d'une relation.
- Sans isolement numérique non plus : pas d'échange de photos privées, pas d'appels vidéo à deux.
Pourquoi la photo de profil n'est pas le nadhar
Le regard licite est celui d'un homme qui a demandé une femme précise, devant son mahram, pour décider. La photo de profil est vue par des centaines d'inconnus qui n'ont rien demandé, elle sert à trier, et elle installe le choix sur l'apparence avant la religion. Elle contredit la pudeur que la Sunna protège et le critère qu'elle impose. C'est pour cela qu'ezzawaj n'a aucune photo : le nadhar vient à la mouqabala, en présence du wali, au moment prévu.
Et si l'un des deux ne plaît pas à l'autre ?
On le dit, avec douceur et sans détails blessants, et chacun poursuit sa recherche. C'est précisément le but du regard : éviter un mariage qu'on regretterait. Il n'y a ni honte ni offense à cela.