Définition
Mahrمهر
Aussi écrit : sadaq · dot islam · mahr islam
Le mahr (ou sadaq) est la dot que l'époux donne à l'épouse lors du mariage. C'est un droit exclusif de la femme, fixé librement, sans minimum ni maximum, qu'elle garde et dont elle dispose. La Sunna recommande qu'il soit modeste.
Le mahr peut être une somme, un bien, ou même l'enseignement du Coran : le Prophète ﷺ a marié un compagnon démuni pour ce qu'il savait du Coran (Boukhari n° 5135). Il peut être versé immédiatement (mu'ajjal) ou en partie différé (mu'akhkhar), payable au divorce ou au décès. Ni le père ni la famille n'y ont droit.
La surenchère sur le mahr est une coutume, pas une règle religieuse, et elle retarde des mariages licites, alors que le Prophète ﷺ a dit que la meilleure dot est la plus facile (al-Hakim n° 2780) et qu'il a compté la facilité de la dot parmi les signes de bénédiction d'une femme (Ahmad n° 24478) — hadiths cités ci-dessous.
D'après Sahl ibn Sa'd (qu'Allah l'agrée) :
« Une femme vint trouver le Messager d'Allah ﷺ et dit : « Je me suis offerte [à toi en mariage]. » Elle resta longtemps debout. Un homme dit alors : « Marie-la-moi, si tu n'en as pas besoin. » Il ﷺ dit : « As-tu quelque chose à lui donner en dot ? » Il répondit : « Je n'ai que mon pagne. » Il dit : « Si tu le lui donnes, tu resteras assis sans pagne ; cherche donc quelque chose. » Il dit : « Je ne trouve rien. » Il dit : « Cherche, ne serait-ce qu'une bague en fer. » Il ne trouva rien. Il dit : « Sais-tu quelque chose du Coran ? » Il répondit : « Oui, telle sourate et telle sourate », en nommant des sourates. Il dit : « Nous te l'avons donnée en mariage pour ce que tu sais du Coran. » »
عَنْ سَهْلِ بْنِ سَعْدٍ قَالَ: جَاءَتِ امْرَأَةٌ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فَقَالَتْ: إِنِّي وَهَبْتُ مِنْ نَفْسِي. فَقَامَتْ طَوِيلاً، فَقَالَ رَجُلٌ: زَوِّجْنِيهَا إِنْ لَمْ تَكُنْ لَكَ بِهَا حَاجَةٌ. قَالَ: «هَلْ عِنْدَكَ مِنْ شَىْءٍ تُصْدِقُهَا؟» قَالَ: مَا عِنْدِي إِلاَّ إِزَارِي. فَقَالَ: «إِنْ أَعْطَيْتَهَا إِيَّاهُ جَلَسْتَ لاَ إِزَارَ لَكَ، فَالْتَمِسْ شَيْئًا». فَقَالَ: مَا أَجِدُ شَيْئًا. فَقَالَ: «الْتَمِسْ وَلَوْ خَاتَمًا مِنْ حَدِيدٍ». فَلَمْ يَجِدْ. فَقَالَ: «أَمَعَكَ مِنَ الْقُرْآنِ شَىْءٌ؟» قَالَ: نَعَمْ، سُورَةُ كَذَا وَسُورَةُ كَذَا، لِسُوَرٍ سَمَّاهَا. فَقَالَ: «زَوَّجْنَاكَهَا بِمَا مَعَكَ مِنَ الْقُرْآنِ».
D'après 'Oqba ibn 'Âmir (qu'Allah l'agrée) :
« Le Prophète ﷺ demanda à un homme : « Acceptes-tu que je te marie à une telle ? » Il répondit : « Oui. » Puis il demanda à la femme : « Acceptes-tu que je te marie à un tel ? » Elle répondit : « Oui. » Il maria donc l'un à l'autre, sans fixer de dot pour elle et sans que l'homme lui donne quoi que ce soit. Cet homme avait assisté à al-Houdaybiya, et ceux qui avaient assisté à al-Houdaybiya avaient une part à Khaybar. Lorsque la mort se présenta à lui, il dit : « Le Messager d'Allah ﷺ m'a marié à une telle sans que je lui fixe de dot ni ne lui donne quoi que ce soit ; je vous prends à témoin que je lui ai donné comme dot ma part de Khaybar. » Elle prit sa part et la vendit pour cent mille. [Le rapporteur] dit : Et le Messager d'Allah ﷺ a dit : « La meilleure dot est la plus facile. » »
عَنْ عُقْبَةَ بْنِ عَامِرٍ أَنَّ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم قَالَ لِرَجُلٍ: «أَتَرْضَى أَنْ أُزَوِّجَكَ فُلاَنَةَ؟» قَالَ: نَعَمْ. وَقَالَ لِلْمَرْأَةِ: «أَتَرْضَيْنَ أَنْ أُزَوِّجَكِ فُلاَنًا؟» قَالَتْ: نَعَمْ. فَزَوَّجَ أَحَدَهُمَا صَاحِبَهُ، وَلَمْ يَفْرِضْ لَهَا صَدَاقًا، وَلَمْ يُعْطِهَا شَيْئًا، وَكَانَ مِمَّنْ شَهِدَ الْحُدَيْبِيَةَ، وَكَانَ مَنْ شَهِدَ الْحُدَيْبِيَةَ لَهُ سَهْمٌ بِخَيْبَرَ، فَلَمَّا حَضَرَتْهُ الْوَفَاةُ قَالَ: إِنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم زَوَّجَنِي فُلاَنَةَ، وَلَمْ أَفْرِضْ لَهَا صَدَاقًا، وَلَمْ أُعْطِهَا شَيْئًا، وَإِنِّي أُشْهِدُكُمْ أَنِّي أَعْطَيْتُهَا صَدَاقَهَا سَهْمِي بِخَيْبَرَ، فَأَخَذَتْ سَهْمَهُ فَبَاعَتْهُ بِمِائَةِ أَلْفٍ. قَالَ: وَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم: «خَيْرُ الصَّدَاقِ أَيْسَرُهُ».
D'après 'Â'icha (qu'Allah l'agrée), le Messager d'Allah ﷺ a dit :
« Fait partie de la bénédiction (youmn) d'une femme : que sa demande en mariage soit facile, que sa dot soit facile, et que son utérus soit facile [c.-à-d. qu'elle enfante aisément]. »
عَنْ عَائِشَةَ قَالَتْ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم: «إِنَّ مِنْ يُمْنِ الْمَرْأَةِ تَيْسِيرَ خِطْبَتِهَا، وَتَيْسِيرَ صَدَاقِهَا، وَتَيْسِيرَ رَحِمِهَا».