En islam, on félicite des mariés avec la formule que le Prophète ﷺ employait lui-même : Bârak Allâhou lak, wa bâraka 'alayk, wa jama'a baynakoumâ fî khayr, « Qu'Allah te bénisse, qu'Il répande Sa bénédiction sur toi, et qu'Il vous réunisse dans le bien ». Adressée aux deux époux, on la dit au duel : Bârakallâhu lakumâ, wa bâraka 'alaykumâ, wa jama'a baynakumâ fî khayr.
Voici le hadith qui la rapporte, le sens de chaque mot, la manière de l'adapter selon qu'on s'adresse au marié, à la mariée ou aux deux, des idées de messages pour une carte ou WhatsApp, et ce que la Sunna demande aux invités : répondre à l'invitation à la walima et se réjouir avec les mariés.
Le hadith : comment le Prophète ﷺ félicitait les mariés
D'après Abou Hourayra (qu'Allah l'agrée) :
« Lorsque le Prophète ﷺ félicitait quelqu'un qui s'était marié, il disait : « Bârak Allâhou lak, wa bâraka 'alayk, wa jama'a baynakoumâ fî khayr » — « Qu'Allah te bénisse, qu'Il répande Sa bénédiction sur toi, et qu'Il vous réunisse dans le bien. » »
عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، أَنَّ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم كَانَ إِذَا رَفَّأَ الإِنْسَانَ إِذَا تَزَوَّجَ قَالَ " بَارَكَ اللَّهُ لَكَ وَبَارَكَ عَلَيْكَ وَجَمَعَ بَيْنَكُمَا فِي خَيْرٍ ".
Le hadith est rapporté par Abou Daoud et at-Tirmidhi, et jugé authentique. Il décrit une habitude : lorsque le Prophète ﷺ félicitait quelqu'un qui venait de se marier, c'est cette formule qu'il employait. Ce n'est donc pas une parole isolée, mais la manière prophétique de féliciter.
On en retrouve le début dans un autre hadith authentique : en apprenant le mariage de 'Abd ar-Rahmân ibn 'Awf (qu'Allah l'agrée), le Prophète ﷺ répondit d'abord par la même bénédiction, bârak Allâhou lak, avant de lui ordonner d'offrir un repas de noces (Boukhari n° 5155, cité plus bas). D'autres hadiths sur le mariage, vérifiés et sourcés, sont réunis sur notre page des hadiths sur le mariage.
Bârakallâhu lakumâ : la formule en arabe, en phonétique et en français
La formule tient en trois invocations. Telle que le hadith la rapporte, adressée au marié :
- En arabe : بَارَكَ اللَّهُ لَكَ وَبَارَكَ عَلَيْكَ وَجَمَعَ بَيْنَكُمَا فِي خَيْرٍ
- En phonétique : Bârak Allâhou lak, wa bâraka 'alayk, wa jama'a baynakoumâ fî khayr
- En français : Qu'Allah te bénisse, qu'Il répande Sa bénédiction sur toi, et qu'Il vous réunisse dans le bien.
La première invocation demande la bénédiction (baraka) pour le marié ; la deuxième la fait descendre sur lui ; la troisième — et c'est le seul passage au duel, baynakoumâ, « entre vous deux » — demande pour les deux époux une union dans le bien. La baraka, c'est le bien qui dure et qui s'accroît : la formule ne souhaite pas seulement le bonheur du jour des noces, mais un bien qui demeure.
Les graphies varient — Bârakallâhu, Bârak Allâhou, barakallahu — sans que cela change quoi que ce soit : ce sont les mêmes mots arabes, transcrits de différentes manières.
Lakumâ, laki, lak : adapter la formule
Dans le hadith, le Prophète ﷺ s'adresse au marié, au masculin singulier (lak, 'alayk) ; seule la fin, baynakoumâ, englobe déjà l'épouse. L'usage s'est répandu d'adapter les pronoms à la personne à qui l'on parle :
- Aux deux époux (duel) : Bârak Allâhou lakoumâ, wa bâraka 'alaykoumâ, wa jama'a baynakoumâ fî khayr — بَارَكَ اللَّهُ لَكُمَا وَبَارَكَ عَلَيْكُمَا وَجَمَعَ بَيْنَكُمَا فِي خَيْرٍ. C'est la forme qu'on écrit souvent barakallahu lakuma wa baraka alaykuma wa jama'a baynakuma fi khayr.
- À la mariée : Bârak Allâhou laki, wa bâraka 'alayki, wa jama'a baynakoumâ fî khayr — بَارَكَ اللَّهُ لَكِ وَبَارَكَ عَلَيْكِ وَجَمَعَ بَيْنَكُمَا فِي خَيْرٍ.
- Au marié : la forme du hadith, telle quelle.
Ce changement de pronom ne touche pas au sens : on demande la même bénédiction, à la bonne personne. L'essentiel est là — dire l'invocation que le Prophète ﷺ disait, et la dire en la pensant. Celui qui ne la connaît pas en arabe peut la dire en français : c'est une invocation, et Allah l'entend dans toutes les langues. Pour les invocations qui précèdent le mariage, voir la doua pour se marier.
Pourquoi cette formule plutôt qu'une autre
Le verbe qu'emploie le hadith pour dire « féliciter », raffa'a, est formé sur rifâ', l'entente : chez les Arabes d'avant l'islam, on félicitait les mariés en leur souhaitant l'entente et des fils (bir-rifâ' wal-banîn). Le hadith d'Abou Daoud rapporte, lui, ce que disait le Prophète ﷺ.
La différence se lit dans les mots eux-mêmes. Le vœu ancien souhaitait l'entente et des garçons ; la formule prophétique se tourne vers Allah, demande Sa bénédiction, et souhaite aux deux époux d'être réunis dans le bien, sans faire des fils le cœur du vœu. Elle a surtout, sur toute autre formule, l'avantage d'être celle du Prophète ﷺ.
Les mots de la coutume — mabrouk, félicitations, alf mabrouk — ne sont pas interdits pour autant, tant qu'ils ne contiennent rien de contraire à la religion. On peut les dire, et y joindre la formule de la Sunna : c'est elle qui donne au message sa valeur d'invocation.
Idées de messages de félicitations pour des mariés musulmans
Voici quelques messages à adapter pour une carte, un message WhatsApp ou un mot glissé à la walima. Les phrases en français sont des propositions de notre rédaction, pas des formules prophétiques : seule l'invocation en phonétique vient du hadith.
- Message classique, pour les deux époux : « Bârak Allâhou lakoumâ, wa bâraka 'alaykoumâ, wa jama'a baynakoumâ fî khayr. Qu'Allah fasse de votre foyer un lieu de paix, de tendresse et de foi. »
- Message court, pour WhatsApp : « Bârak Allâhou lakoumâ, wa bâraka 'alaykoumâ, wa jama'a baynakoumâ fî khayr. Toutes nos félicitations aux mariés et à leurs familles. »
- Pour une amie, une sœur : « Bârak Allâhou laki, wa bâraka 'alayki, wa jama'a baynakoumâ fî khayr. Qu'Allah fasse de ton époux une fraîcheur pour tes yeux, et de toi une fraîcheur pour les siens. »
- Pour un ami, un frère : « Bârak Allâhou lak, wa bâraka 'alayk, wa jama'a baynakoumâ fî khayr. Qu'Allah t'aide à prendre soin de ton foyer et à en être digne. »
- Pour les parents des mariés : « Félicitations pour le mariage de votre fils (de votre fille). Qu'Allah bénisse les mariés, qu'Il vous réjouisse d'eux, et qu'Il fasse de cette union un bien pour vos deux familles. »
- Si vous n'avez pas pu venir : « Nous n'avons pas pu être des vôtres, mais vous êtes dans nos invocations : Bârak Allâhou lakoumâ, wa bâraka 'alaykoumâ, wa jama'a baynakoumâ fî khayr. »
- Pour un remariage : « Bârak Allâhou lakoumâ, wa bâraka 'alaykoumâ, wa jama'a baynakoumâ fî khayr. Qu'Allah vous accorde un foyer apaisé et une longue vie commune dans le bien. »
Le vœu adressé à une sœur reprend une image du Coran, celle du verset 25:74, que l'on retrouve avec les autres textes sur le couple dans les versets du Coran sur le mariage. Sur une carte, on peut aussi écrire la formule en arabe, dans sa forme duelle, suivie de sa traduction.
Ce qu'on évite dans un message de félicitations
- Les vœux qui contredisent la foi : porte-bonheur, signes astrologiques, date réputée « chanceuse ». Tout bien vient d'Allah, et c'est à Lui qu'on le demande.
- Le souhait de fils seulement : on demande à Allah une descendance pieuse, sans préférer les garçons aux filles.
- Les plaisanteries sur la nuit de noces et les allusions à l'intimité du couple : la pudeur (hayâ') vaut aussi pour les messages.
- Les commentaires sur le physique de la mariée, et le partage de photos prises entre femmes : ce qui se montre dans une fête de femmes n'a pas à circuler.
- Les versets imprimés sur des faire-part jetables : beaucoup de savants le déconseillent, par respect pour le Coran ; une invocation en phonétique ou en français suffit.
La walima : répondre à l'invitation
Féliciter ne se limite pas aux mots : la Sunna demande de partager la joie des mariés, et le repas de noces, la walima, en est le moment. Le Prophète ﷺ l'a demandé à 'Abd ar-Rahmân ibn 'Awf dès qu'il apprit son mariage, après l'avoir béni :
D'après Anas ibn Mâlik (qu'Allah l'agrée) :
« Le Prophète ﷺ vit sur 'Abd ar-Rahmân ibn 'Awf une trace de [parfum] jaune. Il dit : « Qu'est-ce que cela ? » Il répondit : « J'ai épousé une femme pour le poids d'un noyau [de datte] en or. » Il dit : « Qu'Allah te bénisse ! Offre un repas de noces (walîma), ne serait-ce qu'avec un mouton. » »
عَنْ أَنَسٍ رضى الله عنه أَنَّ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم رَأَى عَلَى عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ عَوْفٍ أَثَرَ صُفْرَةٍ، قَالَ: «مَا هَذَا؟» قَالَ: إِنِّي تَزَوَّجْتُ امْرَأَةً عَلَى وَزْنِ نَوَاةٍ مِنْ ذَهَبٍ. قَالَ: «بَارَكَ اللَّهُ لَكَ، أَوْلِمْ وَلَوْ بِشَاةٍ».
La walima incombe au marié, et l'ordre donné à 'Abd ar-Rahmân montre qu'elle n'a pas à être fastueuse. Ce n'est pas un concours de dépenses, mais l'annonce joyeuse d'une union licite. Son statut, son moment et son déroulé sont détaillés dans notre article sur la walima. Et pour l'invité, la Sunna est tout aussi claire :
D'après 'Abd Allâh ibn 'Omar (qu'Allah les agrée), le Messager d'Allah ﷺ a dit :
« Lorsque l'un de vous est invité au repas de noces (walîma), qu'il s'y rende. »
عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ رضى الله عنهما أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ: «إِذَا دُعِيَ أَحَدُكُمْ إِلَى الْوَلِيمَةِ فَلْيَأْتِهَا».
La majorité des savants en déduisent que répondre à l'invitation à une walima est une obligation, sauf excuse valable — maladie, voyage, empêchement réel — ou présence d'interdits manifestes sur place ; d'autres y voient une forte recommandation. Celui qui ne peut pas venir s'excuse, et envoie ses félicitations et ses invocations.
Le daff et l'annonce publique du mariage
Le mariage, en islam, ne se cache pas. « Rendez le mariage public », dit un hadith jugé bon (Ahmad n° 16130) ; et un autre précise ce qui distingue l'union licite de l'illicite :
D'après Muhammad ibn Hâtib (qu'Allah l'agrée), le Messager d'Allah ﷺ a dit :
« Ce qui sépare le licite de l'illicite, c'est le tambourin (daff) et la voix [l'annonce publique] lors du mariage. »
عَنْ مُحَمَّدِ بْنِ حَاطِبٍ قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم: «فَصْلُ مَا بَيْنَ الْحَلاَلِ وَالْحَرَامِ الدُّفُّ وَالصَّوْتُ فِي النِّكَاحِ».
Le tambourin sur cadre (daff) et la voix — l'annonce publique — font partie de la Sunna du mariage : ils le font savoir, et le distinguent de toute relation cachée. Beaucoup de savants réservent le daff aux femmes, entre elles ; pour les autres instruments, la majorité des savants des quatre écoles est restrictive. En cas de doute pour votre fête, interrogez un imam de confiance.
Les invités prennent part à cette annonce : leur présence, leurs félicitations et leurs invocations en font partie. Féliciter des mariés selon la Sunna, c'est donc trois gestes simples : dire l'invocation que le Prophète ﷺ disait, répondre à l'invitation à la walima, et se réjouir avec eux dans les limites de la pudeur. Le reste — la carte, le cadeau, le message — se fait avec cœur, et sans excès.
Questions fréquentes
Que dire à des mariés en islam ?
La formule de la Sunna : Bârak Allâhou lakoumâ, wa bâraka 'alaykoumâ, wa jama'a baynakoumâ fî khayr — qu'Allah vous bénisse, qu'Il répande Sa bénédiction sur vous, et qu'Il vous réunisse dans le bien. Le hadith la donne au singulier, adressée au marié ; on l'adapte couramment aux deux époux. On peut y ajouter des vœux personnels.
Comment écrire barakallahu lakuma en arabe ?
Au duel, pour les deux époux : بَارَكَ اللَّهُ لَكُمَا وَبَارَكَ عَلَيْكُمَا وَجَمَعَ بَيْنَكُمَا فِي خَيْرٍ. Telle que le hadith la rapporte, adressée au marié : بَارَكَ اللَّهُ لَكَ وَبَارَكَ عَلَيْكَ وَجَمَعَ بَيْنَكُمَا فِي خَيْرٍ.
Comment répondre à barakallahu lakuma ?
En rendant l'invocation, par exemple wa fîkoum bârak Allâh (qu'Allah vous bénisse aussi), ou simplement âmîn, suivi d'un remerciement. L'important est de répondre au bien par le bien.
Peut-on dire mabrouk pour un mariage ?
Oui : mabrouk (« béni ») et félicitations ne sont pas interdits, tant qu'ils ne contiennent rien de contraire à la religion. Mais la formule de la Sunna est meilleure : on peut dire les deux, en commençant par elle.
Est-on obligé d'aller à un mariage quand on est invité ?
Pour la walima, la majorité des savants considèrent que répondre à l'invitation est une obligation (Boukhari n° 5173), sauf excuse valable ou interdits manifestes sur place. Si vous ne pouvez pas venir, excusez-vous et envoyez vos invocations.
Quand féliciter les mariés ?
Dès l'annonce du mariage, le jour du contrat (nikah), à la walima ou plus tard par message : la formule convient à tous ces moments. Le hadith la rattache au moment où l'on félicite celui qui vient de se marier.