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Wali & famille10 octobre 2026 · 11 min de lecture

Mes parents refusent mon mariage : que dit l'islam ?

Refus légitime ou empêchement abusif ('adl) : ce que disent le Coran et la Sunna quand les parents s'opposent à un mariage, côté fille comme côté garçon, et comment avancer sans rompre avec eux.

EZ
Équipe ezzawaj
Rédaction
Une porte de riad ouvragée, entrouverte sur la lumière

En islam, des parents peuvent refuser un mariage pour une raison sérieuse — en premier lieu le père, lorsqu'il est le wali de sa fille —, et ce refus mérite alors d'être entendu. Mais un tuteur n'a pas le droit d'empêcher, sans motif légitime, le mariage avec un homme dont la religion et le caractère sont agréés : c'est un empêchement abusif ('adl), que le Coran interdit, et qui se règle non par un mariage en cachette, mais par la médiation, la patience et, en dernier recours, l'arbitrage d'un savant.

La situation est fréquente, et elle fait mal des deux côtés. Avant de chercher qui a raison, il faut distinguer le refus légitime, qui protège, de l'empêchement abusif, qui opprime — sans confondre le cas d'une fille et celui d'un garçon.

Les parents ont-ils le droit de refuser ?

Pour une femme, la réponse est oui, dans une certaine mesure, parce que son mariage passe par son tuteur. Le Prophète ﷺ a dit : « Pas de mariage sans tuteur (walî). » (Abou Daoud n° 2085, Tirmidhi n° 1101). Pour la majorité des savants — malikites, chaféites et hanbalites —, une femme ne conclut pas elle-même son contrat ; l'école hanafite a une position plus souple, que nous détaillons dans l'article sur le mariage sans wali et l'avis des savants. L'avis du père n'est donc pas une formalité : c'est lui qui, en principe, conclut le contrat au nom de sa fille.

Mais cette tutelle est une responsabilité confiée, pas une propriété. Le wali est là pour protéger celle qu'il marie, se renseigner sur le prétendant, la conseiller et défendre ses intérêts — pas pour décider à sa place ni pour servir ses propres calculs. L'ordre des tuteurs (père, grand-père, fils, frère, oncle…) et les cas particuliers sont expliqués dans notre guide du tuteur de mariage en islam.

Pour un garçon, la situation est différente : le père n'est pas le wali de son fils majeur. Nous y revenons plus bas, car cela ne veut pas dire que l'avis des parents ne compte pas.

Le refus légitime : quand les parents ont raison d'hésiter

Le critère que le Prophète ﷺ a donné aux tuteurs tient en deux mots : la religion et le caractère.

Hadith

D'après Abou Hourayra (qu'Allah l'agrée), le Messager d'Allah ﷺ a dit :

« Lorsque vous demande en mariage [une femme placée sous votre tutelle] quelqu'un dont vous agréez la religion et le caractère, donnez-la-lui en mariage. Si vous ne le faites pas, il y aura une épreuve (fitna) sur la terre et une vaste corruption. »

عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم: «إِذَا خَطَبَ إِلَيْكُمْ مَنْ تَرْضَوْنَ دِينَهُ وَخُلُقَهُ فَزَوِّجُوهُ، إِلاَّ تَفْعَلُوا تَكُنْ فِتْنَةٌ فِي الأَرْضِ وَفَسَادٌ عَرِيضٌ».

Tirmidhi n° 1084 et Ibn Majah n° 1967 · Bon par ses voies (hasan li-ghayrihi) selon al-Albani · Silsila as-Sahiha n° 1022 ; Irwa' al-Ghalil n° 1868 · Vérifier la source

En ordonnant de marier celui dont on agrée la religion et le caractère, ce hadith donne aussi, en creux, les raisons valables de refuser. Un père qui écarte un prétendant pour l'une d'elles ne commet pas d'injustice, il fait son travail de tuteur, par exemple lorsque :

  • le prétendant ne prie pas, ou sa pratique est gravement défaillante ;
  • son caractère pose problème de façon avérée : violence, mensonges répétés, addiction, dureté connue envers les siens ;
  • il cache une partie de sa situation : un mariage en cours, des dettes lourdes, un passé qui ressurgit ;
  • il n'a aucun moyen de subvenir à un foyer, ni aucun projet sérieux pour y parvenir ;
  • il refuse que le mariage soit connu, ou cherche à contourner la famille ;
  • le wali n'a tout simplement pas encore pu se renseigner — et « pas encore » n'est pas « non ».

Les écoles ont aussi discuté d'autres critères de compatibilité entre les époux, la kafâ'a, et leurs avis divergent au-delà de la religion. Retenez surtout ceci : quand le refus repose sur la religion ou le caractère du prétendant, vos parents vous protègent, même si cela coûte. Écoutez leurs arguments, vérifiez-les honnêtement, et demandez-vous ce que vous diriez si c'était votre propre enfant.

Lorsqu'un prétendant se présente et que la jeune femme et son tuteur l'agréent, les autres proches n'ont pas à s'y opposer, car ils n'ont pas de tutelle : l'ordre prophétique de marier celui dont on agrée la religion et le caractère s'adresse aux tuteurs. (Fatwa signée notamment par Ibn Bâz, Sâlih al-Fawzân et Bakr Abou Zayd.)
— Position résumée de Le Comité permanent des fatwas (al-Lajna ad-Dâ'ima), Arabie saoudite, Fatâwâ al-Lajna ad-Dâ'ima, 1re série, fatwa n° 15799, t. 18, p. 72-74 · Source

L'empêchement abusif ('adl) : ce que le Coran interdit

À l'inverse, il arrive qu'un tuteur bloque un mariage sans raison qui tienne à la religion ou au caractère du prétendant. Le Coran a un mot pour cela.

Coran

وَإِذَا طَلَّقْتُمُ ٱلنِّسَآءَ فَبَلَغْنَ أَجَلَهُنَّ فَلَا تَعْضُلُوهُنَّ أَن يَنكِحْنَ أَزْوَٰجَهُنَّ إِذَا تَرَٰضَوْا۟ بَيْنَهُم بِٱلْمَعْرُوفِ ۗ ذَٰلِكَ يُوعَظُ بِهِۦ مَن كَانَ مِنكُمْ يُؤْمِنُ بِٱللَّهِ وَٱلْيَوْمِ ٱلْـَٔاخِرِ ۗ ذَٰلِكُمْ أَزْكَىٰ لَكُمْ وَأَطْهَرُ ۗ وَٱللَّهُ يَعْلَمُ وَأَنتُمْ لَا تَعْلَمُونَ

« Et lorsque vous avez divorcé des femmes et qu'elles ont atteint le terme de leur délai, ne les empêchez pas d'épouser [de nouveau] leurs maris, s'ils s'accordent entre eux selon le convenable. Voilà ce à quoi est exhorté celui d'entre vous qui croit en Allah et au Jour dernier. Cela est plus pur pour vous et plus net. Allah sait, et vous ne savez pas. »
Sourate Al-Baqara (La Vache), n° 2, verset 232 · Traduction du sens · Lire dans son contexte

Le verbe arabe employé ici pour « empêcher » est ta'dulûhunna, d'où vient le terme 'adl : l'empêchement abusif du mariage. Le verset vise une femme divorcée qui veut reprendre son ancien mari, mais les savants en ont tiré une règle générale, porteuse de deux enseignements. D'abord, le tuteur a bien un rôle réel dans le mariage : on ne lui interdirait pas d'empêcher s'il n'avait aucun pouvoir. Ensuite, ce pouvoir ne l'autorise pas à bloquer une union convenable, lorsque les deux intéressés s'accordent selon le convenable.

Sont ainsi souvent tenus pour abusifs, lorsque le prétendant est agréé dans sa religion et son caractère, les refus fondés sur :

  • l'origine, la couleur de peau ou la nationalité seules ;
  • un niveau social ou une richesse jugés insuffisants, alors que l'homme peut subvenir à un foyer ;
  • une dot ou une fête hors de portée, exigées comme condition du « oui » ;
  • une promesse faite ailleurs sans l'accord de la fille (« tu es promise à ton cousin ») ;
  • une rancune de famille, ou la seule crainte du « qu'en dira-t-on » ;
  • un intérêt personnel : garder la fille à la maison, son salaire ou son aide.
Coran

يَـٰٓأَيُّهَا ٱلنَّاسُ إِنَّا خَلَقْنَـٰكُم مِّن ذَكَرٍ وَأُنثَىٰ وَجَعَلْنَـٰكُمْ شُعُوبًا وَقَبَآئِلَ لِتَعَارَفُوٓا۟ ۚ إِنَّ أَكْرَمَكُمْ عِندَ ٱللَّهِ أَتْقَىٰكُمْ ۚ إِنَّ ٱللَّهَ عَلِيمٌ خَبِيرٌ

« Ô gens ! Nous vous avons créés d'un homme et d'une femme, et Nous avons fait de vous des peuples et des tribus, pour que vous vous connaissiez les uns les autres. Le plus noble d'entre vous auprès d'Allah est le plus pieux. Allah est Omniscient et parfaitement Informé. »
Sourate Al-Hujurât (Les Appartements), n° 49, verset 13 · Traduction du sens · Lire dans son contexte

Le Coran place la noblesse, auprès d'Allah, dans la piété et non dans la lignée. Cela dit, un même motif peut être abusif dans un cas et sérieux dans un autre : une différence de culture qui menace réellement l'entente du couple, par exemple. C'est précisément pourquoi le caractère abusif d'un refus ne se décrète pas par l'une des deux parties : il se juge, comme on va le voir.

« De même, la vierge pubère : par consensus des musulmans, nul autre que le père et le grand-père ne peut la marier sans son autorisation. Quant au père et au grand-père, ils doivent lui demander son autorisation. Les savants divergent sur ce point : cette demande est-elle obligatoire ou recommandée ? L'avis correct est qu'elle est obligatoire. Le tuteur de la femme doit craindre Allah dans le choix de celui à qui il la marie et examiner le prétendant : est-il de condition égale (kouf') ou non ? Car il ne la marie que dans l'intérêt de celle-ci, et non dans son propre intérêt. »
— Ibn Taymiyya (661-728 H / 1263-1328), Majmoû' al-Fatâwâ, t. 32, p. 40 · Source

Quand le refus est abusif : la tutelle passe, elle ne disparaît pas

Que faire lorsqu'un père refuse, durablement et sans motif valable, un prétendant pieux ? La réponse n'est pas de se marier seule, ni de trouver quelqu'un qui « fera le hlel » en cachette. Le hadith qui déclare nul le mariage conclu sans tuteur prévoit lui-même le cas du conflit :

Hadith

D'après 'Â'icha (qu'Allah l'agrée), le Messager d'Allah ﷺ a dit :

« Toute femme mariée sans la permission de son tuteur, son mariage est nul, son mariage est nul, son mariage est nul. S'il a consommé le mariage avec elle, la dot lui revient en contrepartie de l'intimité qu'il s'est rendue licite. Et s'ils [les tuteurs] se disputent, le gouvernant (as-soultân) est le tuteur de celle qui n'a pas de tuteur. »

عَنْ عَائِشَةَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ: «أَيُّمَا امْرَأَةٍ نُكِحَتْ بِغَيْرِ إِذْنِ وَلِيِّهَا فَنِكَاحُهَا بَاطِلٌ، فَنِكَاحُهَا بَاطِلٌ، فَنِكَاحُهَا بَاطِلٌ، فَإِنْ دَخَلَ بِهَا فَلَهَا الْمَهْرُ بِمَا اسْتَحَلَّ مِنْ فَرْجِهَا، فَإِنِ اشْتَجَرُوا فَالسُّلْطَانُ وَلِيُّ مَنْ لاَ وَلِيَّ لَهُ».

Tirmidhi n° 1102, Abou Daoud n° 2083 et Ibn Majah n° 1879 · Authentique (sahih) selon al-Albani · Irwa' al-Ghalil n° 1840 · Vérifier la source

Ce texte dit deux choses à la fois. D'une part, la femme ne contourne pas la tutelle : le mariage conclu sans la permission du tuteur est déclaré nul, trois fois. D'autre part, la tutelle n'est pas un droit de veto sans limite : sa dernière phrase prévoit qu'en cas de dispute, le gouvernant devient le tuteur de celle qui n'en a pas. De nombreux commentateurs ont compris cette dispute comme le refus des tuteurs de marier la femme, c'est-à-dire précisément le 'adl.

Sur ce fondement, une position connue chez les savants, avec des nuances entre les écoles, considère qu'en cas d'empêchement abusif la tutelle est transférée : au tuteur suivant dans l'ordre selon certains, directement à l'autorité musulmane selon d'autres — le juge, là où il existe. Dans les pays où il n'y a pas de juge musulman, de nombreux savants contemporains estiment que des imams ou des instances religieuses reconnues peuvent tenir ce rôle.

Cette voie est un recours, pas un raccourci, et elle demande beaucoup de prudence :

  • Ce n'est pas à vous de déclarer votre père injuste. C'est à un savant ou à un imam qualifié d'entendre les deux parties, de connaître le motif du refus et de dire s'il est légitime.
  • Méfiez-vous de ceux qui marient sans poser de questions. Un homme de religion sérieux cherche à joindre le père, à comprendre et, si possible, à réconcilier avant de trancher.
  • Le mariage secret n'est pas une solution. Un contrat conclu dans le dos de la famille, sans wali légitime, pose de graves problèmes de validité : voir notre article sur le mariage secret ('orfi).
  • Pesez le prix. Même valide, un mariage conclu contre l'avis du père laisse souvent une blessure durable. Il ne se justifie qu'une fois épuisées toutes les autres voies.

Et pour un garçon ? Le père n'est pas son wali, mais…

Un homme majeur conclut lui-même son mariage : son père n'en est pas le tuteur, et l'accord de ses parents n'est pas une condition de validité du contrat. Un fils dont les parents refusent la jeune femme qu'il a choisie peut donc, sur le plan de la validité, se marier.

Mais la question ne s'arrête pas à la validité. La bienfaisance envers les parents est l'une des plus grandes obligations de l'islam — le Coran la mentionne à plusieurs reprises juste après l'adoration d'Allah —, et elle ne s'éteint pas parce qu'on est en désaccord avec eux. Les savants rappellent que l'obéissance aux parents se fait dans le convenable : elle n'oblige pas un fils à renoncer pour toujours, sans raison valable, à un mariage licite, surtout s'il craint pour sa chasteté. Ils rappellent avec la même force qu'il doit tout faire pour les convaincre et les ménager, ne jamais les traiter avec dureté, et ne pas rompre avec eux.

Concrètement : si l'objection de vos parents porte sur la religion ou le caractère de la jeune femme, prenez-la au sérieux, elle pourrait vous éviter une erreur. Si elle porte sur l'origine ou le milieu, rassurez-les, faites intervenir des proches, et exposez votre situation à un savant avant de passer outre. Il en va de même lorsque c'est la mère qui s'oppose : elle n'est le wali de personne, mais son avis et sa satisfaction comptent.

Il recommande aux pères de marier leurs fils quand ils en ont les moyens, et de ne pas refuser un prétendant convenable sans consulter leur fille — ce qu'il qualifie de trahison du dépôt confié. Si le père veut pour elle un homme peu religieux et qu'elle veut un homme pieux, c'est l'avis de la fille qu'il faut suivre.
— Position résumée de Cheikh Muhammad ibn Sâlih al-'Outhaymîn (1347-1421 H / 1929-2001), al-Liqâ' ach-chahrî, rencontre n° 28 · Source

Comment avancer quand ses parents disent non

Entre la résignation et le passage en force, il existe un chemin. Il est plus lent, mais c'est le seul qui ménage à la fois le mariage et la famille.

1. Comprendre la vraie raison

Demandez calmement, hors des moments de tension : « Qu'est-ce qui t'inquiète ? » Le motif annoncé cache souvent une peur — la distance, la belle-famille, un mauvais souvenir, le regard de la communauté, la crainte de « perdre » son enfant. Une peur se rassure, une objection se discute ; un « non » qui refuse toute explication est le signe qu'il faut passer par un intermédiaire.

2. Reprendre par la bonne porte

Beaucoup de refus naissent d'une démarche mal engagée : un prétendant que les parents découvrent par surprise, ou après des mois d'échanges dont ils ne savaient rien. Reprenez dans l'ordre : que le prétendant se présente au wali, que sa famille fasse la démarche, qu'une mouqabala ait lieu en présence du tuteur, et que le père puisse se renseigner sur lui. C'est d'ailleurs le choix d'ezzawaj : le wali y est associé dès les premiers échanges, il peut les lire et rejoindre la rencontre en visio, si bien qu'il juge sur des faits plutôt que sur des craintes.

3. Faire intervenir un tiers respecté

Un oncle, une grand-mère, un frère aîné, un ami de la famille, l'imam que votre père estime : quelqu'un qu'il écoute, et qui peut lui rappeler, sans l'humilier, le critère de la religion et du caractère. Il ne s'agit pas de monter un camp contre lui, mais d'ouvrir une conversation apaisée.

4. Patienter, sans laisser la situation pourrir

Un « non » aujourd'hui est souvent un « pas comme ça » ou un « pas maintenant ». Donnez du temps, continuez d'honorer vos parents, et évitez les ultimatums. Mais la patience n'est pas l'attente indéfinie : si, au bout d'un temps raisonnable, le refus reste sans motif et que le prétendant est toujours là, c'est le moment de soumettre la situation à un savant, si possible avec l'accord de la famille.

5. Consulter Allah : l'istikhara

Hadith

D'après Jabir ibn 'Abd Allah (qu'Allah les agrée) :

« Le Messager d'Allah ﷺ nous enseignait la consultation [d'Allah] (al-istikhâra) dans les affaires comme il nous enseignait une sourate du Coran. Il disait : « Lorsque l'un de vous envisage une affaire, qu'il accomplisse deux unités de prière (rak'a) en dehors de la prière obligatoire, puis qu'il dise : « Ô Allah, je Te demande de choisir pour moi par Ta science, je Te demande de m'en rendre capable par Ta puissance, et je Te demande [une part] de Ta grâce immense ; car Toi Tu peux et je ne peux pas, Tu sais et je ne sais pas, et Tu es le Grand Connaisseur de l'invisible. Ô Allah, si Tu sais que cette affaire est un bien pour moi dans ma religion, ma subsistance et l'issue de mon affaire — ou il dit : dans le court et le long terme de mon affaire —, alors décrète-la pour moi, facilite-la-moi, puis bénis-la pour moi. Et si Tu sais que cette affaire est un mal pour moi dans ma religion, ma subsistance et l'issue de mon affaire — ou il dit : dans le court et le long terme de mon affaire —, alors détourne-la de moi et détourne-moi d'elle, décrète pour moi le bien où qu'il soit, puis rends-moi satisfait de celui-ci. » — Il dit : — Et il nomme son besoin. » »

عَنْ جَابِرِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ ـ رضى الله عنهما ـ قَالَ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يُعَلِّمُنَا الاِسْتِخَارَةَ فِي الأُمُورِ كَمَا يُعَلِّمُنَا السُّورَةَ مِنَ الْقُرْآنِ يَقُولُ " إِذَا هَمَّ أَحَدُكُمْ بِالأَمْرِ فَلْيَرْكَعْ رَكْعَتَيْنِ مِنْ غَيْرِ الْفَرِيضَةِ ثُمَّ لِيَقُلِ اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْتَخِيرُكَ بِعِلْمِكَ وَأَسْتَقْدِرُكَ بِقُدْرَتِكَ، وَأَسْأَلُكَ مِنْ فَضْلِكَ الْعَظِيمِ، فَإِنَّكَ تَقْدِرُ وَلاَ أَقْدِرُ وَتَعْلَمُ وَلاَ أَعْلَمُ وَأَنْتَ عَلاَّمُ الْغُيُوبِ، اللَّهُمَّ إِنْ كُنْتَ تَعْلَمُ أَنَّ هَذَا الأَمْرَ خَيْرٌ لِي فِي دِينِي وَمَعَاشِي وَعَاقِبَةِ أَمْرِي ـ أَوْ قَالَ عَاجِلِ أَمْرِي وَآجِلِهِ ـ فَاقْدُرْهُ لِي وَيَسِّرْهُ لِي ثُمَّ بَارِكْ لِي فِيهِ، وَإِنْ كُنْتَ تَعْلَمُ أَنَّ هَذَا الأَمْرَ شَرٌّ لِي فِي دِينِي وَمَعَاشِي وَعَاقِبَةِ أَمْرِي ـ أَوْ قَالَ فِي عَاجِلِ أَمْرِي وَآجِلِهِ ـ فَاصْرِفْهُ عَنِّي وَاصْرِفْنِي عَنْهُ، وَاقْدُرْ لِي الْخَيْرَ حَيْثُ كَانَ ثُمَّ أَرْضِنِي بِهِ ـ قَالَ ـ وَيُسَمِّي حَاجَتَهُ ".

Boukhari n° 1162 (sunnah.com : 1166) et Boukhari n° 6382 · Authentique (sahih) · Vérifier la source

L'istikhara ne sert pas à obtenir le « oui » de ses parents : elle demande à Allah de choisir pour vous, de faciliter ce mariage s'il est un bien, et de vous en détourner s'il ne l'est pas. Faites-la avec un cœur prêt à accepter les deux issues, et multipliez les invocations pour que le cœur de vos parents s'ouvre au bien. La manière de procéder est détaillée dans notre article sur l'istikhara avant le mariage.

6. Ce qu'il ne faut pas faire

  • Se marier en secret, ou « faire le hlel » sans le wali, pour mettre la famille devant le fait accompli.
  • Entretenir une relation en attendant que les parents cèdent : cela donne raison à leurs craintes et fait sortir du cadre.
  • Menacer, fuguer, couper les ponts, ou exposer le conflit sur les réseaux sociaux.
  • Parler de ses parents avec mépris, même lorsqu'ils ont tort.

Et si, au terme de tout cela, il apparaît que le refus était fondé, acceptez-le comme une protection. Un mariage écarté pour une raison sérieuse n'est pas une perte : c'est peut-être une porte qu'Allah a fermée pour en ouvrir une meilleure.

Mon père refuse mon mariage, est-ce que je peux me marier sans son accord ?

Pour la majorité des savants, une femme ne conclut pas elle-même son mariage : « Pas de mariage sans tuteur (walî). » (Abou Daoud n° 2085, Tirmidhi n° 1101). Si le refus de votre père est abusif — un prétendant pieux et de bon caractère écarté sans motif sérieux —, la tutelle peut passer au tuteur suivant ou à l'autorité musulmane, mais c'est à un savant ou à un imam qualifié d'en juger, après avoir entendu votre père. Ne vous mariez jamais seule ni en cachette.

Est-ce un péché de se marier sans l'accord de ses parents quand on est un homme ?

Le contrat d'un homme majeur est valide sans l'accord de ses parents, car son père n'est pas son wali. La question de la faute dépend du motif de leur refus et de la manière d'agir : la bienfaisance envers les parents reste une obligation, et il doit chercher à les convaincre, les ménager et ne pas rompre avec eux. Si leur refus porte sur la religion ou le caractère de la jeune femme, il a tout intérêt à l'écouter ; dans les autres cas, qu'il expose sa situation à un savant.

Mes parents refusent parce qu'il n'est pas de la même origine, en ont-ils le droit ?

Le critère donné par le Prophète ﷺ est la religion et le caractère (Tirmidhi n° 1084), et le Coran fait de la piété la vraie noblesse auprès d'Allah (sourate 49, verset 13). Les écoles ont discuté d'autres critères de compatibilité et leurs avis divergent, mais de nombreux savants tiennent pour injuste un refus fondé sur la seule origine. Commencez par la médiation d'un proche ou d'un imam, puis demandez l'avis d'un savant.

Combien de temps faut-il attendre quand le wali refuse ?

Aucun texte ne fixe de délai. Le temps de comprendre le motif, de laisser le prétendant faire ses preuves et de tenter une médiation est rarement perdu. Si le refus reste sans motif sérieux et que la situation s'enlise, soumettez-la à un savant plutôt que de laisser passer des mois ou des années dans l'incertitude, ou dans une relation hors cadre.

L'istikhara peut-elle faire changer mes parents d'avis ?

L'istikhara demande à Allah de choisir pour vous : elle facilite ce qui est un bien et détourne ce qui ne l'est pas (Boukhari n° 6382). Ce n'est pas une technique pour obtenir un résultat précis. Faites-la sincèrement, invoquez Allah pour vos parents, et acceptez l'issue qu'Il décrète, même si ce n'est pas celle que vous espériez.

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