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Vie de couple10 octobre 2026 · 14 min de lecture

Droits et devoirs des époux en islam : ce que dit la Sunna

Ce que l'épouse doit à son mari, ce que le mari doit à son épouse, et ce qu'ils se doivent l'un à l'autre : le cadre du Coran et de la Sunna, avec ses limites, textes complets à l'appui.

EZ
Équipe ezzawaj
Rédaction
Une maison aux fenêtres en arc, l'une éclairée, et un olivier en pot

En islam, les époux se doivent d'abord des devoirs communs — vivre ensemble selon le convenable, avec bon caractère et bienveillance —, puis chacun a des droits propres : l'épouse a droit à son mahr, à l'entretien, au logement et à être traitée avec respect, le mari a droit à l'obéissance de son épouse dans le convenable, jamais dans une désobéissance à Allah. Le Coran pose l'équilibre en une règle : les femmes ont des droits équivalents à leurs obligations, selon le convenable (sourate Al-Baqara, verset 228).

Le sujet est souvent pris par un seul bout : les devoirs de l'épouse chez les uns, les droits de la femme chez les autres. Les textes tiennent les deux ensemble. Voici ce qu'ils disent, sans rien ajouter ni retrancher, chaque verset et chaque hadith cité en entier avec sa référence.

Le principe : des droits réciproques, selon le convenable

Coran

وَٱلْمُطَلَّقَـٰتُ يَتَرَبَّصْنَ بِأَنفُسِهِنَّ ثَلَـٰثَةَ قُرُوٓءٍ ۚ وَلَا يَحِلُّ لَهُنَّ أَن يَكْتُمْنَ مَا خَلَقَ ٱللَّهُ فِىٓ أَرْحَامِهِنَّ إِن كُنَّ يُؤْمِنَّ بِٱللَّهِ وَٱلْيَوْمِ ٱلْـَٔاخِرِ ۚ وَبُعُولَتُهُنَّ أَحَقُّ بِرَدِّهِنَّ فِى ذَٰلِكَ إِنْ أَرَادُوٓا۟ إِصْلَـٰحًا ۚ وَلَهُنَّ مِثْلُ ٱلَّذِى عَلَيْهِنَّ بِٱلْمَعْرُوفِ ۚ وَلِلرِّجَالِ عَلَيْهِنَّ دَرَجَةٌ ۗ وَٱللَّهُ عَزِيزٌ حَكِيمٌ

« Les femmes divorcées doivent observer un délai d'attente de trois cycles (qurû'). Il ne leur est pas permis de cacher ce qu'Allah a créé dans leur matrice, si elles croient en Allah et au Jour dernier. Leurs époux sont plus en droit de les reprendre pendant ce délai, s'ils veulent la réconciliation. Elles ont des droits équivalents à leurs obligations, selon le convenable, et les hommes ont sur elles un degré. Allah est Puissant et Sage. »
Sourate Al-Baqara (La Vache), n° 2, verset 228 · Traduction du sens · Lire dans son contexte

Ce verset appartient au passage sur le divorce, mais sa phrase sur les droits et les obligations est comprise par les exégètes comme une règle de toute la vie conjugale : chacun des deux époux doit à l'autre ce qui lui revient, selon le convenable (al-ma'roûf). Le convenable, c'est ce que la religion approuve et que les gens de bien reconnaissent comme juste : il fixe le niveau de l'entretien, la manière de se parler, ce que chacun peut raisonnablement attendre de l'autre.

Le verset ajoute que les hommes ont sur elles un degré. Beaucoup d'exégètes le rattachent à la responsabilité que le mari porte dans le foyer, dont il est question plus bas ; d'autres y voient une invitation faite au mari à la générosité, jusqu'à renoncer à une part de son dû. Ce degré ne touche pas à la valeur de chacun auprès d'Allah, qui se mesure à la piété (sourate Al-Hujurât, verset 13), et il ne donne aucun droit d'opprimer.

Coran

يَـٰٓأَيُّهَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ لَا يَحِلُّ لَكُمْ أَن تَرِثُوا۟ ٱلنِّسَآءَ كَرْهًا ۖ وَلَا تَعْضُلُوهُنَّ لِتَذْهَبُوا۟ بِبَعْضِ مَآ ءَاتَيْتُمُوهُنَّ إِلَّآ أَن يَأْتِينَ بِفَـٰحِشَةٍ مُّبَيِّنَةٍ ۚ وَعَاشِرُوهُنَّ بِٱلْمَعْرُوفِ ۚ فَإِن كَرِهْتُمُوهُنَّ فَعَسَىٰٓ أَن تَكْرَهُوا۟ شَيْـًٔا وَيَجْعَلَ ٱللَّهُ فِيهِ خَيْرًا كَثِيرًا

« Ô vous qui croyez ! Il ne vous est pas permis d'hériter des femmes contre leur gré, ni de les tenir sous contrainte pour reprendre une partie de ce que vous leur avez donné, à moins qu'elles ne commettent une turpitude manifeste. Et vivez avec elles selon le convenable. Si vous avez de l'aversion pour elles, il se peut que vous ayez de l'aversion pour une chose en laquelle Allah a placé un grand bien. »
Sourate An-Nisâ' (Les Femmes), n° 4, verset 19 · Traduction du sens · Lire dans son contexte

Le Coran ordonne ici de vivre avec son épouse selon le convenable, et il prévient ce qui arrive dans tout couple : des jours, ou des traits de caractère, qu'on n'aime pas. Sa réponse n'est pas de rompre au premier désaccord, mais de se rappeler que le bien peut se trouver là où on ne l'attendait pas.

Les devoirs communs aux deux époux

Avant de dire ce que chacun doit à l'autre, la Sunna insiste sur ce qu'ils se doivent ensemble. Le Prophète ﷺ a fait du comportement envers son conjoint un critère de la valeur d'un croyant.

Hadith

D'après Abou Hourayra (qu'Allah l'agrée), le Messager d'Allah ﷺ a dit :

« Les croyants à la foi la plus complète sont ceux qui ont le meilleur caractère, et les meilleurs d'entre vous sont les meilleurs envers leurs femmes par leur caractère. »

عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم: «أَكْمَلُ الْمُؤْمِنِينَ إِيمَانًا أَحْسَنُهُمْ خُلُقًا، وَخِيَارُكُمْ خِيَارُكُمْ لِنِسَائِهِمْ خُلُقًا».

Tirmidhi n° 1162 · Authentique (hasan sahih) selon at-Tirmidhi et al-Albani · Silsila as-Sahiha n° 284 · Vérifier la source
Hadith

D'après Ibn 'Abbâs (qu'Allah les agrée), le Prophète ﷺ a dit :

« Le meilleur d'entre vous est le meilleur envers sa famille, et je suis le meilleur d'entre vous envers ma famille. »

عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم قَالَ: «خَيْرُكُمْ خَيْرُكُمْ لأَهْلِهِ، وَأَنَا خَيْرُكُمْ لأَهْلِي».

Ibn Majah n° 1977 et Tirmidhi n° 3895 (d'après 'Â'icha) · Authentique (sahih) selon al-Albani · Silsila as-Sahiha n° 285 · Vérifier la source

Le bon caractère n'est pas un luxe réservé aux couples qui s'entendent bien : c'est un devoir, et il se juge d'abord à la maison, là où personne ne regarde. Le Prophète ﷺ s'est donné lui-même en exemple. Deux autres hadiths, adressés aux maris, enseignent la patience ; leur leçon — regarder une personne dans son ensemble plutôt qu'à travers ses défauts — vaut aussi pour l'épouse.

Hadith

D'après Abou Hourayra (qu'Allah l'agrée) :

« Le Messager d'Allah ﷺ a dit : « Qu'un croyant ne prenne pas en aversion une croyante : s'il réprouve chez elle un trait de caractère, il en agréera un autre », ou il dit : « … un différent ». »

عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم: «لاَ يَفْرَكْ مُؤْمِنٌ مُؤْمِنَةً، إِنْ كَرِهَ مِنْهَا خُلُقًا رَضِيَ مِنْهَا آخَرَ». أَوْ قَالَ: «غَيْرَهُ».

Mouslim n° 1469 · Authentique (sahih) · Vérifier la source
Hadith

D'après Abou Hourayra (qu'Allah l'agrée), le Prophète ﷺ a dit :

« Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier ne nuise pas à son voisin. Et recommandez-vous le bien envers les femmes, car elles ont été créées d'une côte, et la partie la plus courbe de la côte est sa partie supérieure : si tu cherches à la redresser, tu la briseras, et si tu la laisses, elle restera courbe. Recommandez-vous donc le bien envers les femmes. »

عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم قَالَ " مَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الآخِرِ فَلاَ يُؤْذِي جَارَهُ ". وَاسْتَوْصُوا بِالنِّسَاءِ خَيْرًا فَإِنَّهُنَّ خُلِقْنَ مِنْ ضِلَعٍ وَإِنَّ أَعْوَجَ شَيْءٍ فِي الضِّلَعِ أَعْلَاهُ فَإِنْ ذَهَبْتَ تُقِيمُهُ كَسَرْتَهُ وَإِنْ تَرَكْتَهُ لَمْ يَزَلْ أَعْوَجَ فَاسْتَوْصُوا بِالنِّسَاءِ خَيْرًا

Boukhari n° 5185-5186 et Mouslim n° 1468 · Authentique (sahih) · Vérifier la source

Ce hadith commence et se termine par le même ordre : se recommander le bien envers les femmes. Entre les deux, il décrit une conduite : ne pas chercher à redresser son épouse par la dureté, au risque de la briser, mais vivre avec elle dans la douceur et la patience.

À partir de ces textes, on peut résumer ce que les deux époux se doivent l'un à l'autre :

  • Le bon comportement : la parole douce, l'absence de mépris, la patience dans les jours difficiles.
  • La fidélité : chacun préserve sa chasteté et ne trahit pas l'autre, ni en actes ni en regards.
  • L'intimité conjugale, à laquelle chacun a droit, dans la pudeur et le respect de l'autre.
  • La discrétion : ce qui se passe entre les époux ne se raconte ni à la famille ni aux amis.
  • La consultation sur les affaires du foyer et l'éducation des enfants.
  • L'entraide dans la religion : s'encourager à la prière, se rappeler Allah, se préserver ensemble du Feu.
  • L'héritage : le mariage fait de chacun l'héritier de l'autre.

Les droits de l'épouse sur son mari

Le mahr, un dû et non un prix

Coran

وَءَاتُوا۟ ٱلنِّسَآءَ صَدُقَـٰتِهِنَّ نِحْلَةً ۚ فَإِن طِبْنَ لَكُمْ عَن شَىْءٍ مِّنْهُ نَفْسًا فَكُلُوهُ هَنِيٓـًٔا مَّرِيٓـًٔا

« Et donnez aux femmes leur dot (sadâq) de bon gré, comme un dû. Si elles vous en laissent d'elles-mêmes une part, de bon cœur, profitez-en alors, agréablement et sainement. »
Sourate An-Nisâ' (Les Femmes), n° 4, verset 4 · Traduction du sens · Lire dans son contexte

Le mahr (ou sadâq) appartient à l'épouse, à elle seule. Son mari ne peut en reprendre que ce qu'elle lui laisse d'elle-même, de bon cœur, comme le dit le verset. Si une partie en a été différée, elle reste une dette du mari jusqu'à son versement. Le montant, les formes et les erreurs à éviter sont détaillés dans notre article sur le mahr, la dot en islam.

L'entretien : nourriture, habillement, logement

Hadith

D'après Hakim ibn Mou'awiya al-Qouchayri, d'après son père [Mou'awiya] (qu'Allah l'agrée) :

« J'ai dit : « Ô Messager d'Allah, quel est le droit de l'épouse de l'un d'entre nous sur lui ? » Il répondit : « Que tu la nourrisses lorsque tu te nourris, que tu l'habilles lorsque tu t'habilles — ou : lorsque tu gagnes [ta vie] —, que tu ne frappes pas le visage, que tu ne l'injuries pas, et que tu ne la délaisses [en signe de réprobation] qu'à l'intérieur de la maison. » »

عَنْ حَكِيمِ بْنِ مُعَاوِيَةَ الْقُشَيْرِيِّ، عَنْ أَبِيهِ، قَالَ قُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ مَا حَقُّ زَوْجَةِ أَحَدِنَا عَلَيْهِ قَالَ " أَنْ تُطْعِمَهَا إِذَا طَعِمْتَ وَتَكْسُوَهَا إِذَا اكْتَسَيْتَ - أَوِ اكْتَسَبْتَ - وَلاَ تَضْرِبِ الْوَجْهَ وَلاَ تُقَبِّحْ وَلاَ تَهْجُرْ إِلاَّ فِي الْبَيْتِ ".

Abou Daoud n° 2142 · Authentique (hasan sahih) selon al-Albani · Vérifier la source

L'entretien (nafaqa) est un devoir du mari, selon ses moyens, même si son épouse travaille ou possède des biens : son salaire, son héritage et son mahr lui appartiennent, et elle n'est pas tenue d'en dépenser pour le foyer. Le logement en fait partie pour l'ensemble des savants : un lieu décent, à la mesure des moyens du mari, où elle vit en sécurité. Si elle participe aux dépenses, c'est un don de sa part, non une obligation. La répartition concrète est détaillée dans qui paie quoi dans un mariage musulman.

Hadith

D'après Abou Hourayra (qu'Allah l'agrée), le Messager d'Allah ﷺ a dit :

« Un dinar que tu as dépensé dans le sentier d'Allah, un dinar que tu as dépensé pour [affranchir] un esclave, un dinar que tu as donné en aumône à un pauvre, et un dinar que tu as dépensé pour ta famille : le plus grand en récompense est celui que tu as dépensé pour ta famille. »

عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم " دِينَارٌ أَنْفَقْتَهُ فِي سَبِيلِ اللَّهِ وَدِينَارٌ أَنْفَقْتَهُ فِي رَقَبَةٍ وَدِينَارٌ تَصَدَّقْتَ بِهِ عَلَى مِسْكِينٍ وَدِينَارٌ أَنْفَقْتَهُ عَلَى أَهْلِكَ أَعْظَمُهَا أَجْرًا الَّذِي أَنْفَقْتَهُ عَلَى أَهْلِكَ ".

Mouslim n° 995 · Authentique (sahih) · Vérifier la source

Le mari ne dépense donc pas pour sa famille comme on règle une charge : selon ce hadith, c'est la dépense la plus récompensée. Le Prophète ﷺ a précisé ailleurs que même la bouchée qu'on met dans la bouche de son épouse, quand on recherche par là la Face d'Allah, est récompensée (Boukhari n° 56).

Être bien traitée : ni coups, ni injures, ni humiliation

Hadith

D'après 'Aïcha (qu'Allah l'agrée) :

« Le Messager d'Allah ﷺ n'a jamais frappé quoi que ce soit de sa main, ni femme ni serviteur, sauf en combattant dans le sentier d'Allah. Et jamais, lorsqu'on lui portait atteinte en quelque chose, il ne s'en vengea sur son auteur, sauf lorsqu'une des choses sacrées d'Allah était violée : il se vengeait alors pour Allah, Puissant et Majestueux. »

عَنْ عَائِشَةَ، قَالَتْ مَا ضَرَبَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم شَيْئًا قَطُّ بِيَدِهِ وَلاَ امْرَأَةً وَلاَ خَادِمًا إِلاَّ أَنْ يُجَاهِدَ فِي سَبِيلِ اللَّهِ وَمَا نِيلَ مِنْهُ شَىْءٌ قَطُّ فَيَنْتَقِمَ مِنْ صَاحِبِهِ إِلاَّ أَنْ يُنْتَهَكَ شَىْءٌ مِنْ مَحَارِمِ اللَّهِ فَيَنْتَقِمَ لِلَّهِ عَزَّ وَجَلَّ.

Mouslim n° 2328 · Authentique (sahih) · Vérifier la source
Hadith

D'après 'Abd Allâh ibn Zam'a (qu'Allah l'agrée), le Prophète ﷺ a dit :

« Que nul d'entre vous ne fouette sa femme comme on fouette l'esclave, pour ensuite s'unir à elle à la fin de la journée ! »

عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ زَمْعَةَ عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم قَالَ: «لاَ يَجْلِدُ أَحَدُكُمُ امْرَأَتَهُ جَلْدَ الْعَبْدِ، ثُمَّ يُجَامِعُهَا فِي آخِرِ الْيَوْمِ».

Boukhari n° 5204 · Authentique (sahih) · Vérifier la source

Le hadith de Mou'awiya, cité plus haut, compte parmi les droits de l'épouse que son mari ne frappe pas le visage et ne l'injurie pas. Le Prophète ﷺ, qui est le modèle, n'a jamais levé la main sur une femme, et il a blâmé celui qui frappe sa femme comme on fouette un esclave. La violence, les insultes, le mépris, l'humiliation devant les enfants ou la famille n'ont pas leur place dans un foyer musulman. La femme qui les subit n'a pas à se taire : elle peut chercher de l'aide auprès des siens ou d'un imam, et si elle demande la séparation, elle a une raison sérieuse de le faire.

Un mari présent, qui aide à la maison

Hadith

D'après al-Aswad :

« J'ai demandé à 'Aïcha (qu'Allah l'agrée) : « Que faisait le Prophète ﷺ dans sa maison ? » Elle répondit : « Il était occupé au travail de sa famille — elle veut dire : au service de sa famille — et lorsque l'heure de la prière arrivait, il sortait pour la prière. » »

عَنِ الأَسْوَدِ، قَالَ سَأَلْتُ عَائِشَةَ مَا كَانَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم يَصْنَعُ فِي بَيْتِهِ قَالَتْ كَانَ يَكُونُ فِي مِهْنَةِ أَهْلِهِ ـ تَعْنِي خِدْمَةَ أَهْلِهِ ـ فَإِذَا حَضَرَتِ الصَّلاَةُ خَرَجَ إِلَى الصَّلاَةِ.

Boukhari n° 676 · Authentique (sahih) · Vérifier la source

Le Messager d'Allah ﷺ, avec toutes ses charges, prenait part aux tâches de sa maison. La question de savoir si le travail domestique est une obligation de l'épouse divise d'ailleurs les savants : certains ne le lui imposent pas, d'autres le font dépendre de la coutume (al-'ourf), qui en confie souvent une large part à la femme. Dans tous les cas, le mari qui aide son épouse suit la Sunna, et l'épouse qui tient son foyer accomplit une œuvre récompensée.

Les droits du mari sur son épouse

Le Coran confie au mari la charge et la responsabilité du foyer (sourate An-Nisâ', verset 34) : c'est ce qu'on appelle la qiwâma. À cette responsabilité correspond un droit, être obéi dans le convenable, pour ce qui touche à la vie conjugale et au foyer. Les hadiths suivants disent l'importance de ce droit ; nous les citons tels quels.

Hadith

D'après Abou Hourayra (qu'Allah l'agrée), le Prophète ﷺ a dit :

« Si je devais ordonner à quelqu'un de se prosterner devant quelqu'un, j'aurais ordonné à la femme de se prosterner devant son mari. »

عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم قَالَ: «لَوْ كُنْتُ آمِرًا أَحَدًا أَنْ يَسْجُدَ لأَحَدٍ لأَمَرْتُ الْمَرْأَةَ أَنْ تَسْجُدَ لِزَوْجِهَا».

Tirmidhi n° 1159 · Authentique (sahih) selon al-Albani · Irwa' al-Ghalil n° 1998 · Vérifier la source

Ce hadith dit la grandeur du droit du mari. Sa forme conditionnelle rappelle en même temps que la prosternation n'est due qu'à Allah : le Prophète ﷺ n'ordonne rien de tel, il donne la mesure d'un droit.

Hadith

D'après Abou Hourayra (qu'Allah l'agrée), le Prophète ﷺ a dit :

« Lorsque la femme accomplit ses cinq [prières], jeûne son mois [de Ramadan], préserve sa chasteté et obéit à son mari, elle entrera par celle des portes du Paradis qu'elle voudra. »

عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ، عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم قَالَ: " إذا صلَّتِ المرأةُ خَمْسَها، وصامتْ شهرَها، وحصَّنتْ فرْجَها، وأطاعت بعلَها، دخَلتْ مِن أيِّ أبوابِ الجنَّةِ شاءتْ ".

Ibn Hibban n° 4163 et Ahmad n° 1661 · Authentique par ses voies selon al-Albani · Sahih al-Jami' n° 661 · Vérifier la source
Hadith

D'après Abou Hourayra (qu'Allah l'agrée), le Messager d'Allah ﷺ a dit :

« Il n'est pas permis à la femme de jeûner alors que son mari est présent, sauf avec sa permission ; ni d'autoriser [quiconque à entrer] dans sa maison, sauf avec sa permission. Et ce qu'elle dépense [de ses biens à lui] sans son ordre, la moitié [de la récompense] lui en revient. »

عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رضى الله عنه أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ: «لاَ يَحِلُّ لِلْمَرْأَةِ أَنْ تَصُومَ وَزَوْجُهَا شَاهِدٌ إِلاَّ بِإِذْنِهِ، وَلاَ تَأْذَنَ فِي بَيْتِهِ إِلاَّ بِإِذْنِهِ، وَمَا أَنْفَقَتْ مِنْ نَفَقَةٍ عَنْ غَيْرِ أَمْرِهِ فَإِنَّهُ يُؤَدَّى إِلَيْهِ شَطْرُهُ».

Boukhari n° 5195 · Authentique (sahih) · Vérifier la source

Le jeûne visé est le jeûne surérogatoire : celui de Ramadan ne demande la permission de personne, par accord des savants. Quant aux visites, l'épouse ne fait pas entrer au foyer quelqu'un dont son mari ne veut pas, règle qui protège la tranquillité de la maison.

Hadith

D'après Abou Hourayra (qu'Allah l'agrée), le Messager d'Allah ﷺ a dit :

« Lorsque l'homme appelle sa femme à son lit et qu'elle refuse, et qu'il passe la nuit fâché contre elle, les anges la maudissent jusqu'au matin. »

عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رضى الله عنه قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم: «إِذَا دَعَا الرَّجُلُ امْرَأَتَهُ إِلَى فِرَاشِهِ فَأَبَتْ، فَبَاتَ غَضْبَانَ عَلَيْهَا، لَعَنَتْهَا الْمَلاَئِكَةُ حَتَّى تُصْبِحَ».

Boukhari n° 3237 et Mouslim n° 1436 · Authentique (sahih) · Vérifier la source

Les savants comprennent ce hadith comme visant le refus sans excuse légitime, comme la maladie ou un préjudice. Et le droit est réciproque : la majorité des savants comptent aussi parmi les droits de l'épouse que son mari préserve sa chasteté à elle. L'intimité n'est pas un dû qu'on exige avec dureté, mais un lien que chacun entretient pour l'autre.

« L'homme doit avoir des rapports avec son épouse selon le convenable : c'est l'un de ses droits les plus forts sur lui, plus important que de la nourrir. [...] Selon le besoin de l'épouse et la capacité du mari, de même qu'il la nourrit selon son besoin à elle et sa capacité à lui : c'est le plus correct des deux avis. »
— Ibn Taymiyya (661-728 H / 1263-1328), Majmoû' al-Fatâwâ, t. 32, p. 271 · Source

Les devoirs de l'épouse envers son mari se résument ainsi :

  • Lui obéir dans le convenable, dans ce qui concerne la vie conjugale et le foyer.
  • Préserver sa chasteté, les biens du foyer et l'honneur de son mari.
  • Ne pas faire entrer chez eux quelqu'un dont il ne veut pas, et ne pas jeûner un jeûne surérogatoire sans son accord lorsqu'il est présent.
  • Ne pas se refuser à lui sans excuse légitime.
  • Ne pas sortir du domicile contre son gré, hors des besoins nécessaires, selon la majorité des savants — ce que beaucoup de couples règlent par un accord général plutôt qu'au cas par cas.

L'obéissance a une limite : la désobéissance à Allah

Hadith

D'après 'Ali (qu'Allah l'agrée) :

« Le Prophète ﷺ envoya une troupe et plaça à sa tête un homme. Celui-ci alluma un feu et dit : « Entrez-y ! » Certains voulurent y entrer, et d'autres dirent : « C'est justement du feu que nous avons fui. » Ils en parlèrent au Prophète ﷺ, qui dit à ceux qui avaient voulu y entrer : « S'ils y étaient entrés, ils n'auraient cessé d'y être jusqu'au Jour de la Résurrection. » Et il dit aux autres : « Pas d'obéissance dans la désobéissance [à Allah] ; l'obéissance n'est due que dans le convenable (al-ma'roûf). » »

عَنْ عَلِيٍّ ـ رضى الله عنه ـ أَنَّ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم بَعَثَ جَيْشًا وَأَمَّرَ عَلَيْهِمْ رَجُلاً، فَأَوْقَدَ نَارًا وَقَالَ ادْخُلُوهَا. فَأَرَادُوا أَنْ يَدْخُلُوهَا، وَقَالَ آخَرُونَ إِنَّمَا فَرَرْنَا مِنْهَا، فَذَكَرُوا لِلنَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم فَقَالَ لِلَّذِينَ أَرَادُوا أَنْ يَدْخُلُوهَا " لَوْ دَخَلُوهَا لَمْ يَزَالُوا فِيهَا إِلَى يَوْمِ الْقِيَامَةِ ". وَقَالَ لِلآخَرِينَ " لاَ طَاعَةَ فِي مَعْصِيَةٍ، إِنَّمَا الطَّاعَةُ فِي الْمَعْرُوفِ ".

Boukhari n° 7257 et Mouslim n° 1840 · Authentique (sahih) · Vérifier la source

La règle énoncée à la fin de ce hadith est générale : elle vaut pour le chef d'une troupe comme pour le mari. Aucun mari ne peut exiger de son épouse qu'elle délaisse la prière, qu'elle ôte son voile devant des étrangers, qu'elle rompe les liens avec ses parents, qu'elle lui remette son salaire ou qu'elle accepte une injustice. L'obéissance porte sur ce qui relève de la vie conjugale, dans le convenable ; elle ne fait pas du mari un maître absolu.

Le travail de l'épouse, la poursuite de ses études, le lieu de vie : ce qui compte pour chacun se dit avant le mariage et peut être posé comme condition dans le contrat. Les savants divergent sur la force de certaines de ces conditions, mais la Sunna invite à honorer celles qu'on a acceptées (Boukhari n° 2721) ; voir le contrat de mariage islamique et ses conditions.

Quand les droits ne sont plus respectés : réconcilier avant de rompre

Aucun couple ne vit sans heurts. Pour les crises sérieuses, le Coran prévoit une démarche précise : un arbitre de chaque famille.

Coran

وَإِنْ خِفْتُمْ شِقَاقَ بَيْنِهِمَا فَٱبْعَثُوا۟ حَكَمًا مِّنْ أَهْلِهِۦ وَحَكَمًا مِّنْ أَهْلِهَآ إِن يُرِيدَآ إِصْلَـٰحًا يُوَفِّقِ ٱللَّهُ بَيْنَهُمَآ ۗ إِنَّ ٱللَّهَ كَانَ عَلِيمًا خَبِيرًا

« Si vous craignez la rupture entre les deux [époux], envoyez un arbitre de la famille du mari et un arbitre de la famille de l'épouse. S'ils veulent la réconciliation, Allah rétablira l'entente entre eux. Allah est Omniscient et parfaitement Informé. »
Sourate An-Nisâ' (Les Femmes), n° 4, verset 35 · Traduction du sens · Lire dans son contexte

L'arbitrage vient avant la séparation, et il est confié à des proches qui connaissent les deux époux et veulent leur bien ; aujourd'hui, une personne sage de chaque famille ou un imam de confiance peut jouer ce rôle. Le Coran ajoute que la réconciliation, par un accord entre les époux, est meilleure :

Coran

وَإِنِ ٱمْرَأَةٌ خَافَتْ مِنۢ بَعْلِهَا نُشُوزًا أَوْ إِعْرَاضًا فَلَا جُنَاحَ عَلَيْهِمَآ أَن يُصْلِحَا بَيْنَهُمَا صُلْحًا ۚ وَٱلصُّلْحُ خَيْرٌ ۗ وَأُحْضِرَتِ ٱلْأَنفُسُ ٱلشُّحَّ ۚ وَإِن تُحْسِنُوا۟ وَتَتَّقُوا۟ فَإِنَّ ٱللَّهَ كَانَ بِمَا تَعْمَلُونَ خَبِيرًا

« Si une femme craint de la part de son mari de la dureté ou de l'éloignement, il n'y a pas de grief à ce qu'ils se réconcilient par un accord entre eux — et la réconciliation est meilleure. Les âmes sont portées à l'avarice. Mais si vous agissez en bien et craignez Allah, Allah est parfaitement informé de ce que vous faites. »
Sourate An-Nisâ' (Les Femmes), n° 4, verset 128 · Traduction du sens · Lire dans son contexte

Si, malgré tout, la vie commune devient un préjudice, la séparation est permise, avec ses règles et ses délais : nous les avons réunis dans le divorce en islam : talaq, khul' et 'idda.

Se préserver ensemble : la responsabilité religieuse du foyer

Coran

يَـٰٓأَيُّهَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ قُوٓا۟ أَنفُسَكُمْ وَأَهْلِيكُمْ نَارًا وَقُودُهَا ٱلنَّاسُ وَٱلْحِجَارَةُ عَلَيْهَا مَلَـٰٓئِكَةٌ غِلَاظٌ شِدَادٌ لَّا يَعْصُونَ ٱللَّهَ مَآ أَمَرَهُمْ وَيَفْعَلُونَ مَا يُؤْمَرُونَ

« Ô vous qui croyez ! Préservez-vous, vous et vos familles, d'un Feu dont le combustible est les hommes et les pierres, et sur lequel veillent des anges rudes et sévères, qui ne désobéissent jamais à Allah dans ce qu'Il leur ordonne, et font ce qui leur est commandé. »
Sourate At-Tahrîm (L'Interdiction), n° 66, verset 6 · Traduction du sens · Lire dans son contexte

Le verset s'adresse aux croyants : chacun répond de sa propre religion et de celle des siens. Le mari, dont c'est la charge, veille à ce que le foyer soit un lieu où l'on prie, où l'on apprend et où l'on s'abstient de l'interdit ; l'épouse y prend sa part, auprès de son mari et de ses enfants. Les droits et les devoirs ne sont pas un compte que l'un tient contre l'autre : ils sont le chemin par lequel deux croyants s'aident à atteindre ensemble l'agrément d'Allah, dans l'affection et la miséricorde que le mariage doit faire grandir.

Il recommande aux époux de s'entraider dans l'obéissance à Allah en suivant le Coran et la Sunna plutôt que la coutume, et à chacun de s'acquitter de ses devoirs envers l'autre : que l'épouse ne réclame pas d'être en tout l'égale du mari, et que le mari n'use pas de l'autorité qu'Allah lui a confiée pour l'opprimer ou la frapper injustement.
— Position résumée de Cheikh Muhammad Nâsir ad-Dîn al-Albânî (1333-1420 H / 1914-1999), Âdâb az-zifâf, § 41 « Recommandations aux deux époux », p. 278-279 · Source

Ces questions gagnent à être abordées avant le mariage, en mouqabala et devant le wali : nos questions à poser avant le mariage en reprennent l'essentiel.

Quels sont les droits de la femme mariée en islam ?

Elle a droit à son mahr, qui lui appartient en propre, à l'entretien (nourriture, habillement, logement) selon les moyens de son mari, à être bien traitée, sans coups, sans injures ni humiliation, et à l'intimité conjugale. Son salaire et ses biens restent à elle, et elle n'est pas tenue de les dépenser pour le foyer.

Quels sont les droits du mari sur sa femme en islam ?

Être obéi dans le convenable pour ce qui touche à la vie conjugale et au foyer ; que son épouse ne se refuse pas à lui sans excuse légitime, qu'elle ne fasse pas entrer chez eux quelqu'un dont il ne veut pas, et qu'elle préserve sa chasteté et les biens du foyer. Ces droits répondent à la charge qu'il porte : l'entretien et la responsabilité du foyer.

La femme doit-elle obéir à son mari en islam ?

Oui, dans le convenable et dans ce qui concerne la vie du foyer, comme l'indiquent plusieurs hadiths authentiques. Mais il n'y a pas d'obéissance dans la désobéissance à Allah (Boukhari n° 7257) : aucun mari ne peut ordonner un péché ni imposer une injustice.

La femme doit-elle faire le ménage en islam ?

Les savants divergent : certains ne lui en font pas une obligation, d'autres la font dépendre de la coutume. Le Prophète ﷺ, lui, aidait aux tâches de sa maison (Boukhari n° 676). Le plus sage est d'en parler avant le mariage et de s'organiser dans l'entraide.

La femme doit-elle payer les dépenses du foyer en islam ?

Non : l'entretien du foyer est à la charge du mari, même si son épouse travaille. Si elle choisit de participer, c'est un don de sa part, qu'il est juste de reconnaître, et non un dû.

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